10 personnes autorisées, 800 manifestants dans les rues de Besançon

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"Qui sème la hogra, récolte l'Intifada". Le slogan en tête de cortège, en référence à la Palestine, côtoyait une banderole "Qui nous protège de la police" ©YQ

L’Intersyndicale CGT-FO-FSU et Solidaires avaient appelé à manifester ce samedi 13 juin 2020 “pour les droits civiques et contre le racisme”.

Étonnant pays où pendant deux longs mois, des promeneurs étaient verbalisés pour avoir dépassé le rayon d’un kilomètre autour de leur lieu de résidence, étonnant pays où les restaurants et les bars ont l’obligation de faire respecter des consignes strictes de distanciation, étonnant pays où commerces et entreprises tentent avec difficulté de surmonter une crise économique et financière qui en laissera de nombreux « au tapis », étonnant pays… où on laisse manifester des milliers de personnes, souvent agglutinés et sans masques au nom des droits de l’Homme.

La manifestation “bon enfant” trop souvent sans respect des gestes barrières ©YQ
Anne Vignot, masquée, était présente Place du Huit-Septembre ©YQ

A Besançon, la manifestation était globalement « bon enfant ». On y apercevait même une candidate à la mairie, peu choquée d’entendre le slogan “tout le monde déteste la police”.

Genou à terre et poing fermé, les manifestants ont fait une halte de 8’46” devant la préfecture du Doubs ©YQ

Étonnant pays où policiers et gendarmes sont vilipendés à la fois par leur ministre et par une petite minorité de citoyens. N’ont-ils pas droit, eux aussi, à la présomption d’innocence ? Ils défendent nos libertés publiques, ils nous protègent au quotidien, ils garantissent le respect de la Loi. Devant le commissariat de Besançon, ils ont fait preuve d’un sacré sang-froid pour ne pas répondre aux insultes !

Étonnant pays où certains voudraient “garantir l’égalité des droits et des papiers pour toutes et tous”, les mêmes qui s’insurgent contre l’arrivée de salariés PSA de Pologne, arguant de la préférence nationale !

Étonnant pays où on mélange pêle-mêle l’assassinat d’un individu aux Etats-Unis avec la mort d’un délinquant dont personne, à ce jour, ne peut prétendre en connaître la cause !

Étonnant pays enfin où la liberté de penser, la liberté d’expression, la liberté intellectuelle et artistique sont battues en brèche par de nouveaux censeurs.

Le temps n’est pas loin, pour les hérétiques de la liberté, d’être condamnés au bûcher. Le pays du siècle des Lumières, du “J’accuse” de Zola, le pays de Voltaire et d’Hugo, pourrait devenir une prison de la pensée.

“Personne ne peut vous enlever votre liberté de penser. Vous pouvez être conseillé, éclairé par d’autres, mais ne laissez jamais quelqu’un penser pour vous”. Cette citation de Spinoza devrait nous éclairer toutes et tous au lieu de nous opposer.

Yves Quemeneur