11 mai : Besançon se prépare

264
Sur la place du huit septembre à Besançon, les terrasses sont désertes

“Le 11 mai ne sera pas la fin de tout”. Jean-Louis Fousseret, le « toujours » Maire de Besançon a fait le point par visio-conférence sur la poursuite du confinement et les premiers éléments d’un déconfinement progressif qui va durer.

L’état sanitaire à Besançon

195 cas ont été diagnostiqués dans la capitale comtoise. 53 patients ont été soignés en réanimation (dont 45 au CHRU). L’agglomération déplore 62 décès dans le cadre hospitalier et 15 décès à la clinique Saint-Vincent.

Masque, mon beau masque !

Un million de masques ont été commandés par la Ville de Besançon et la Communauté Urbaine du Grand Besançon. Mais le Maire-président s’est empressé de préciser qu’il s’agit des quantités commandées. Il n’a pas, à ce jour, de date précise de livraison. 514 000 masques chirurgicaux et 24 000 masques FFP2 ont également été commandés pour les personnels en contact avec les personnes fragiles ou malades (CCAS en particulier).

“On va faire le maximum pour que chaque agent municipal et de la communauté urbaine dispose d’un masque avant le 11 mai, sans certitude absolue”. (Jean-Louis Fousseret)

400 000 masques en tissu (masques « grand public ») devraient être livrés la semaine du 4 mai. Ils seront mis à la disposition des habitants de la communauté urbaine à raison de deux masques par personne du foyer. Ils seront distribués dès leur livraison, soit par quartier pour Besançon, soit à la mairie des communes périphériques. Tous les habitants devront fournir un justificatif de domicile, une pièce d’identité et la carte Vitale pour recevoir gratuitement les masques. Par exemple, un couple avec deux enfants percevra une dotation (une fois) de huit masques. C’est un budget exceptionnel de 1,9 million d’euros engagé par le Grand Besançon.

Tutos

La communauté urbaine lance aussi un appel aux bonnes volontés et aux « petites mains » pour fabriquer localement des masques tissus. En se faisant connaître par mail sur masques-solidaires@grandbesancon.fr, les personnes recevront des kits complets pour fabriquer les masques. Particuliers et associations, à vos aiguilles.

Réouverture des écoles

Ce mardi 21 avril, le ministre de l’Education Nationale a apporté quelques précisions sur la réouverture des écoles. Grandes sections de maternelle, CP et CM2 reprendront le chemin de l’école le 11 mai…en théorie. La Mairie s’interroge sur les conditions de l’accueil : nettoyage et décontamination des salles, des jeux – distanciation entre les élèves –nombre d’élèves par classes, etc… Beaucoup de zones d’ombre subsistent qui devront être levées par rassurer parents, enseignants et élèves.

Une catastrophe économique ?

La municipalité pare au plus pressé. Pour les bars, restaurants, cafés disposant d’une terrasse, la redevance d’utilisation du domaine public est purement et simplement annulée pour l’année 2020. C’est une goutte d’eau dans la situation financière de ces entreprises qui auront perdu 100% de leur chiffre d’affaires sur une période encore indéterminée. Les commerçants du marché couvert Beaux-Arts ne sont pas tous logés à la même enseigne. Certains n’ont pas vu leur chiffre d’affaires fortement amputé. Pour les autres, la municipalité va rembourser tout ou partie des loyers perçus. Dans le commerce de détail hors alimentaire, la situation est critique.

Et la politique locale !

Jean-Louis Fousseret ne s’imaginait pas être aux manettes pour gérer une catastrophe sanitaire et économique pareille. Il tient la barre solidement “la loi d’urgence sanitaire a donné des pouvoirs supplémentaires aux maires, j’assume” dit-il. L’intergroupe au conseil municipal (PC-PS-EELV) s’agite en coulisses pour qu’un conseil municipal se tienne rapidement. “Certains veulent parler mais je suis maître des sujets à traiter et de l’ordre du jour d’un conseil qui se tiendra peut-être le 4 juin”. Anne Vignot devra patienter ! A ce stade, la loi a prévu un report des élections municipales au 21 juin. Il est probable qu’elles soient reportées à l’automne voire au printemps 2021.

Aujourd’hui, une vieille dame de 98 ans en EHPAD a fait pleurer la France entière “je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas discuter avec ma voisine. Elle n’a pas le virus, je ne l’ai pas non plus. Si nous ne pouvons pas parler ensemble, que nous reste-t-il ?” Ses mots traduisent la folie administrative de notre pays où la technostructure passe avant l’humanité !

Yves Quemeneur