119 millions d’euros pour améliorer les parcours de soins dans le Doubs

Le département du Doubs profite d’une part significative des 830 millions d’euros d’investissements pour soutenir le système de santé en Bourgogne Franche-Comté.

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Le Centre hospitalier universitaire de Besançon va bénéficier d'une enveloppe de 75 millions d'euros dans le cadre du Ségur de la Santé sur les 119 millions alloués à tous les établissements du Doubs
Bons points et petits pansements

Au terme de deux mois de concertation avec les professionnels de santé et tous les acteurs, privés et institutionnels, le gouvernement propose de transformer les métiers et revaloriser les soignants. Il souhaite également définir une nouvelle politique d’investissement et de financement au service de la qualité des soins, simplifier les organisations et le quotidien des équipes soignantes ; enfin fédérer les acteurs de la santé dans les territoires…Cà, c’est pour les bons points.

Façon  « petits pansements sur une jambe de bois », Jean Castex et Olivier Véran ont oublié deux objectifs majeurs dans notre système de santé. Premièrement, comment réduire de façon drastique les 30% de personnels administratifs dans les hôpitaux publics. Deuxièmement, pourquoi avoir oublié la revalorisation des personnels intervenant dans les centres médico-sociaux au service des enfants et adultes handicapés.

Sur ce dernier point, l’ADAPEI du Doubs a relayé une action nationale de l’UNAPEI. On peut s’étonner qu’une infirmière intervenant en hôpital ou en EHPAD voit sa rémunération augmentée de 183€/net/mois quand la même infirmière employée dans un centre pour enfants handicapés en soit privée.

35,22% des emplois hospitaliers ne sont ni médicaux, ni paramédicaux

Ce chiffre de l’OCDE peut être sujet à débat. En France, l’hôpital public ne tient pas de comptabilité analytique (on se demande bien pourquoi), il est donc difficile d’estimer précisément ses coûts administratifs. Toutefois, les emplois administratifs en Allemagne sont estimés à 24,3% par l’OCDE. A titre d’exemple, le CHRU de Nancy a évalué récemment à 30% le temps de travail quotidien des médecins occupés à des tâches administratives.

Plus de fonctionnaires, moins de fonctionnaires…le débat politique est incessant et pourtant ! Si le système hospitalier public réduisait ses coûts administratifs au niveau allemand, ce serait 127 000 postes à supprimer. Cette économie pourrait permettre d’augmenter « vraiment » le salaire des infirmiers et infirmières et surtout augmenter leur nombre. L’Allemagne compte 13,1 infirmières pour 1 000 habitants contre 10 en France et on recense 4,1 médecins pour 1 000 habitants en Allemagne contre 3,3 en France ! Cette réforme de l’organisation administrative des hôpitaux n’apparaît pas dans le Ségur de la Santé.

Le Doubs va profiter des investissements publics en matière de santé

C’est une bonne nouvelle pour les entreprises de beaucoup de filières qui vont trouver dans ces investissements publics des relais de croissance importants.

Le Centre Hospitalier de Morteau va être modernisé et sa capacité d’accueil augmenté de 24 places pour un budget d’investissement de 3,8 millions d’euros.

Le Valdahon accueillera un EHPAD nouvelle génération associant hébergement et maintien à domicile des personnes âgées. Le centre aura une capacité de 88 places financé à hauteur de 3 millions d’euros.

Le CHRU de Besançon va être doté d’une enveloppe de plus de 75 millions d’euros pour moderniser l’offre de soins, particulièrement en soins critiques, améliorer le parcours de santé de patients en chirurgie ambulatoire, rénover l’ancienne Tour jean Minjoz et finaliser le transfert de toutes les activités de Saint Jacques à Minjoz. A ce sujet, les 75 millions intègrent-ils la vente « suspendue » du site de Saint Jacques pour la bagatelle de 15 millions d’euros ?

La clinique Saint Vincent à Besançon devrait recevoir 347 000€ pour développer l’ambulatoire et moderniser l’hôpital de jour.

Le Centre hospitalier intercommunal de Pontarlier va également bénéficier de la manne de l’Etat à hauteur de près de 18 millions d’euros servant à moderniser le service des urgences, à créer une plateforme logistique et un plateau de consultations chirurgicales et anesthésiques.

Le CHS de Novillars va rénover ses unités de soins et moderniser l’accueil en ambulatoire pour une enveloppe de 8,162 millions d’euros.

Le Centre hospitalier d’Ornans va pouvoir finaliser ses travaux d’extension à hauteur de 908 000€.

Les Salins de Bregille à Besançon devraient bénéficier d’une provision Ségur de 2 millions d’euros pour réorganiser les soins de suite et de réadaptation.

L’établissement de santé de Quingey va pouvoir ouvrir de nouveaux lits en soins de suite et de réadaptation à hauteur de 5,2 millions d’euros.

Enfin, le Centre de soins des Tilleroyes à Besançon et le Centre Jacques Weinmann à Avanne vont recevoir respectivement 4,2 millions et 962 000 euros pour réduire….leur endettement !

Avec le Ségur de la Santé, le gouvernement poursuit sa stratégie du « Quoi qu’il en coûte ». Cet argent sort quand même toujours de la même poche, celle des contribuables… !

Yves Quemeneur