27 janvier, l’humanité se souvient de l’absolue folie meurtrière nazie

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Le 27 janvier 2021, devant le "carré des fusillés" de la Citadelle de Besançon, le Préfet du Doubs, la Présidente du conseil départemental et la Maire de Besançon participaient à la Journée internationale de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité ©YQ

La libération, le 27 janvier 1945, du camp d’Auschwitz-Birkenau, marque depuis le 1er novembre 2005 la “Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste”. Ce 27 janvier 2021, la Citadelle de Besançon participait à cet hommage aux victimes de la barbarie.

Pourquoi le camp d’Auschwitz-Birkenau en est-il le symbole ?

27 janvier 1945 à 15h, les soldats de la 60ème armée du front ukrainien libèrent (par hasard) le plus grand camp de concentration et d’extermination du régime nazi. Proche de Cracovie, dans l’extrême sud de la Pologne, Auschwitz-Birkenau a abrité plusieurs années l’usine de mort la plus inimaginable de l’histoire de l’humanité.

Marc Dahan, sur la place Denise Lorach de la Citadelle, a rappelé le génocide perpétré à Auschwitz-Birkenau il y a 76 ans ©YQ

Construit en 1940, il fera l’objet de deux agrandissements pour en faire un camp d’extermination (les victimes étaient gazées et brûlées le jour de leur arrivée) et un camp de concentration (servant de main d’œuvre à l’industrie de guerre nazie). Le camp fut dirigé par le SS-Oberstrurmbannführer Rudolf Höss de 1940 à 1944. De triste réputation, il avait dirigé le premier camp de concentration allemand à Dachau en Bavière. Il est l’inventeur de la tristement célèbre phrase sur le portail des camps “Arbeit macht frei” (le travail rend libre). Il est aussi celui qui faisait encadrer les victimes par des “Kapos” souvent des prisonniers de droit commun chargés de surveiller « énergiquement » les prisonniers et déportés.

Un million cent mille victimes meurent à Auschwitz

900 000 y sont mortes le jour de leur arrivée, directement transférées du train aux chambres à gaz et aux fours crématoires. Des milliers de polonais, de tziganes, de prisonniers de guerre sont aussi décédés dans cette enceinte de mort. 90% des morts étaient juifs (hommes, femmes et enfants). Le nombre de déportés morts à Auschwitz en a fait le symbole de la « solution finale », celui de la shoah, période pendant laquelle six millions de juifs furent exécutés.

Joël Kotek, historien et politologue belge résume l’horreur “C’étaient juste des terminaux ferroviaires, des usines à fabriquer des cadavres”. Toutefois, on estime que sur les 6 millions de victimes juives du second conflit mondial, plus de deux millions de femmes, d’hommes et d’enfants ont été exécutés par balles au fur et à mesure des avancées de la Wehrmacht.

Tous les génocides ne sont pas condamnés

Dans les prises de parole à la Citadelle de Besançon le 27 janvier 2021, Vincent Briand, Conservateur adjoint du Musée de la Résistance et de la Déportation a rappelé les crimes contre l’Humanité et les génocides perpétrés au XIXème et XXème siècles, depuis l’extermination de certains peuples d’Amérique du Sud, au génocide rwandais en passant par les crimes contre l’Humanité au Cambodge ou  le massacre de 8 000 bosniaques à Sebrenica. Il a (volontairement ?) oublié les morts du Goulag soviétique ou de la révolution culturelle chinoise. On estime à plus de 12 millions les victimes mortes au Goulag soviétique entre 1939 et 1953. En Chine, de 1966 à 1976, des dizaines de millions de personnes ont été persécutées et probablement plusieurs millions exécutées.

La barbarie n’a ni race, ni idéologie, ni pays. Elle est le côté sombre de l’humain. L’expliquer, clairement et sans rien oublier, aux jeunes générations est une obligation pour tenter de nous améliorer.

Yves Quemeneur