3 mères de familles de Planoise interpellées dans l’opération policière du 9 mars à Besançon

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conf'de presse du procureur le 13 mars 2020
Benilde Moreau Directeur Adjoint de sûreté départementale du Doubs, Etienne Manteaux Procureur de la République de Besançon et Magali Caillat Directrice interrégionale de la police judiciaire de Dijon ont fait le point sur les fusillades de Planoise et le trafic de stupéfiants le 13 mars 2020 ©YQ

Etienne Manteaux le procureur de la République de Besançon était accompagné de Magali Caillat, Directrice interrégionale de la police judiciaire de Dijon et de Benilde Moreau Directeur adjoint de la sûreté urbaine du Doubs. Le vendredi 13 mars, ils ont fait le point sur les violences récentes à Besançon.

25 impacts de 9mm dans le véhicule

Les services de police ont enregistré 25 impacts de balles sur la scène de crime de l’Avenue Siffert le dimanche 8 mars. Pour le procureur Manteaux, une vidéo amateur tournée sur les lieux démontrerait que le jeune homme de 23 ans a clairement été exécuté d’une balle dans la tête tirée à bout portant après avoir été gravement blessé dans le dos pendant la course-poursuite. Son passager, gravement blessé, avait pris deux impacts. Interrogé par les enquêteurs, il n’a rien indiqué sur l’identité des tireurs. Le véhicule du ou des assassins a été retrouvé incendié.

Huit personnes en détention provisoire

Le lundi 9 mars à 6h, une importante opération de police s’est déroulée dans le quartier de Planoise mobilisant tous les effectifs de la sûreté départementale de Besançon, une cinquantaine de fonctionnaires de la police judiciaire épaulés par des éléments des BRI de Strasbourg et de Dijon ainsi que des agents du RAID. Cette opération, sur commission rogatoire du juge d’instruction en charge des fusillades de Planoise depuis le mois de novembre, n’avait pas de lien direct avec la fusillade mortelle de la veille. Parmi les quinze personnes interpellées, les policiers ont identifié trois individus d’origine parisienne n’ayant aucun lien familial à Planoise  et trois mères de famille.  Au terme de 96 heures de garde à vue, sept personnes ont été placées sous contrôle judiciaire et huit autres placées en détention provisoire. Parmi celles-ci, les deux mères d’enfants mineurs chez lesquelles les policiers ont retrouvé, chez l’une 25 000€ dans une boîte à chaussures et sur l’autre plusieurs milliers d’euros. Un armement conséquent a été retrouvé sur les lieux des perquisitions dont des armes de poing et des munitions comparables à celles ayant servi la veille à l’exécution du jeune Avenue Siffert.

Etienne Manteaux Procureur de la République de Besançon
Etienne Manteaux, Procureur de la République de Besançon ©YQ

On sentait la colère dans les propos du procureur de la République. “Clairement” dit-il, “certaines familles sont complices des crimes et délits de leurs enfants, elles contribuent à terroriser le quartier au lieu d’élever leurs enfants, c’est extrêmement grave”. Il poursuit “Il semble que la guerre de territoires qui sévit à Planoise depuis le mois de novembre 2019 ait dépassé certains des protagonistes”.

Les enquêteurs ont également identifié un lieu extérieur à Planoise dans lequel ils ont découvert 3 kilos d’héroïne, 1 kg de cocaïne et un mini-laboratoire de confection de doses de stupéfiants. Ils y ont trouvé aussi des armes, des gilets pare-balles, des brassards siglés police et des gyrophares.

Coup de filet déterminant
Magali Caillat, Directrice interrégionale de la PJ de Dijon
Magali Caillat, Directrice interrégionale de la police judiciaire de Dijon ©YQ

Pour Magali Caillat, la patronne de la PJ interrégionale, qui fut chef d’antenne de police judicaire jusqu’en 2005 à Besançon, “même si les victimes de coups de feu ne portent pas plainte et restent souvent muets lors des interrogatoires, ce coup de filet est déterminant pour stopper l’escalade de la grande délinquance à Planoise. Les individus qui utilisent des « charbonneurs » sur les points de deal, sont des négriers, des esclavagistes. Ils doivent être mis hors d’état de nuire”. Dans les personnes mises en détention provisoire, il y a des « caïds » dont l’enquête déterminera le niveau de responsabilité. Ils ont entre 18 et 25 ans… !

On sent une grande détermination et de la compétence de la part d’Etienne Manteaux et de l’ensemble de la chaîne policière et judiciaire pour mettre un terme à ces trafics. Au-delà des querelles stériles qui ont émaillé la campagne électorale, faisons leur confiance et accompagnons leurs efforts pour apaiser la vie de 95% des habitants de Planoise.

Yves Quemeneur