400 personnes réunies au Centre Nelson Mandela de Planoise

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Réunion publique Planoise incendie
400 personnes étaient présentes au Centre Nelson Mandela pour interpeller le Maire et le préfet sur les conséquences de l'incendie criminel du 31 décembre dernier ©YQ

La réunion publique co-animée par Jean-Louis Fousseret le maire de Besançon et Joël Mathurin le préfet du Doubs a attiré beaucoup d’habitants du quartier ce mercredi 15 janvier à 17h.

Plus tôt dans l’après-midi, les habitants de la Place Cassin s’étaient donné rendez-vous devant l’Intermarché, à l’initiative du Conseil citoyen de Planoise, soutenu par la plupart des candidats à la mairie de Besançon.

Changement de décor au Centre Mandela

A 17h, 400 personnes se pressaient dans la salle du centre Mandela pour écouter les explications des autorités sur l’avenir des commerces de la place Cassin, les solutions à trouver pour les véhicules incendiés, les accompagnements individuels et le suivi sanitaire et environnemental de l’incendie du 31 décembre.

“Je ne vous crois pas”

Le premier sujet évoqué portait sur le traitement sanitaire et environnemental des suites de l’incendie du 31 décembre dernier. La représentante de l’ARS Bourgogne Franche-Comté a du faire face à beaucoup de questions. Malgré une réactivité exemplaire des services de secours et de santé, beaucoup de résidents avaient le sentiment d’avoir été abandonnés pendant les premiers jours par les bailleurs sociaux et les syndics de copropriétés. Il est apparu clairement que le flyer édité dès le 3 janvier par la Mairie sur les précautions sanitaires à prendre n’a pas été distribué comme prévu par les gérants du parc immobilier. “Je ne voulais pas un papier dans ma boîte aux lettres mais une présence humaine pour me rassurer” témoigne une habitante. Après les polémiques sur l’incendie de Rouen, on sentait l’interrogation sur la vérité des faits, un participant s’inquiétant de la proximité des entreprises industrielles du parc Lafayette. Il y a souvent incompréhension entre le ressenti des citoyens dans leur vie quotidienne et l’efficacité et la bonne volonté des autorités à traiter rapidement les problèmes…Administration, quand tu nous tiens !

Adrien Vitte, un commerçant de proximité

Le Maire et le représentant d’Aktya ont présenté les hypothèses de travail pour rendre à la place Cassin son rôle d’animation commerciale de Planoise. Intermarché Cassin, c’est le lieu de rencontres des habitants. Ils sont attachés à ce supermarché. Pour Adrien Vitte, pas question de quitter les lieux. “J’aime ce quartier, j’y travaille chaque jour. Nous devrons trouver avec les assureurs et la municipalité les moyens à court terme pour redonner vie au magasin sous forme provisoire. A terme, je ne quitterai pas le quartier”. Aktya, organisme dépendant de la ville, a recensé les cellules commerciales vides pour les proposer aux commerçants sinistrés. C’est la cohésion de tout le quartier qui est en question.

Bien assurés, mal ou pas assurés, les propriétaires de véhicules peu accompagnés

Le préfet avait assuré les 159 propriétaires des véhicules détruits que chaque dossier serait traité au cas par cas en lien avec les commissariats (pour les plaintes obligatoires) et le service d’aide aux victimes. Les témoignages étaient éloquents sur la relation avec l’association France Victimes 25 : “Il faut vous débrouiller avec votre assureur” ou bien “on ne peut rien faire pour vous”. Là encore, la bonne volonté ne suffit pas à passer le cap vers l’empathie.

L’incendie criminel du 31 décembre, “un acte à l’origine imbécile de quelques individus” selon les propos du Préfet Mathurin est la partie émergée du trouble qui sévit dans le quartier de Planoise. “Qu’est-ce que l’on fait pour la sécurité à Planoise ?” Les habitants aiment leur quartier, ils veulent y vivre sereinement. “On n’est pas seulement un fait divers dans le journal” a conclu un participant.

La sécurité, la tranquillité publique vient largement en tête des attentes de la population bisontine. Et ce n’est pas l’angélisme de certains ou le tout-répressif d’autres qui solutionnera le problème en quelques mois. Le plan de rénovation urbaine qui va transformer Planoise à l’échéance de 10 ans est probablement un élément de la solution. Tous les candidats au poste de premier édile de Besançon devraient s’engager à le mener à terme, ce serait un premier pas pour rassurer la population.

Yves Quemeneur