695 000€ de soutien au commerce votés à Grand Besançon Métropole

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Le conseil communautaire de Grand Besançon Métropole s’est tenu lundi 9 novembre. Au menu, un plat de résilience, sinon de résistance, pour tenter de sauver les milliers de commerçants et d’artisans frappés par les confinements successifs.

Anne Vignot, la présidente de Grand Besançon Métropole avait volontairement bousculé l’ordre du jour de l’assemblée. A situation exceptionnelle, solutions exceptionnelles.  Le nouveau confinement instauré depuis le 30 octobre dernier et la fermeture de nombreuses entreprises, en particulier les commerces “non-essentiels”, la restauration et les établissements culturels, risque de faire disparaître définitivement une part importante de l’activité essentielle du centre-ville et des centres bourgs de la périphérie bisontine.

Après le premier confinement du printemps dernier, ce n’est pas un ralentissement de l’activité des entreprises du territoire mais l’arrêt définitif. En coordination avec l’Etat, la Région, la Ville de Besançon, la communauté urbaine se mobilise en urgence et met en place de nouvelles mesures à hauteur de 695 000 euros (635K€ de dépenses nouvelles et 60K€ d’abandon de recettes).

Pour Ludovic Fagaut, chef de file de l’opposition dans la métropole, l’exécutif ne va pas assez loin. “Sur les 695 000 euros annoncés ce soir, 200 000 euros ont déjà été engagés et votés et les 25 000 euros en direction des clubs sportifs de haut niveau ne sont que des avances sur leur budget 2021. C’est donc seulement 460 000 euros de dépenses. Nous devons mettre en place sans délai un fond d’intervention économique en autonomie par rapport à la Région”. La communauté urbaine avait donc à se prononcer sur les mesures d’urgence suivantes :

*la mise en place d’un guichet unique, à destination de toutes les entreprises en lien avec les chambres consulaires et les organisations professionnelles, pour accompagner les entrepreneurs dans les demandes de financement. GBM va mobiliser deux équivalents temps plein.

*Via le fonds régional pour les territoires, une enveloppe de 5 000 euros est allouée à une cellule d’appui psychologique destinée aux chefs d’entreprises.

*Le guichet unique va également servir “à aller chercher” les dirigeants de TPE (Très Petites Entreprises) qui n’osent pas demander de l’aide ou pensent ne pas y avoir droit.

*Une enveloppe de 100 000 euros va financer la prestation d’experts en accompagnement d’entreprises (BGE, France Active, Initiative Doubs – Territoire de Belfort et Culture Action) pour les TPE ayant besoin d’un appui long.

Dans le soutien aux commerces locaux, Grand Besançon Métropole va diffuser des chèques « Booster de commerce » à gagner dans les semaines à venir et à dépenser jusqu’à mai 2021 dans les commerces locaux de la métropole. Des bons d’achats vont également être mis en vente à dépenser chez les commerçants après le confinement pour leur donner de la trésorerie immédiate. C’est un budget complémentaire de 60 000€ qui est mobilisé pour ces nouvelles dépenses.

Les entreprises locataires de locaux appartenant à Grand Besançon Métropole (GBM) sont exonérées de loyers pour les mois de novembre et de décembre, en ciblant prioritairement les jeunes entreprises pour lesquelles le confinement a accentué la fragilité économique. C’est une perte de recettes de l’ordre de 60 000€ prévue par Grand Besançon.

Parallèlement, il est mis en place un soutien actif aux familles avec enfants ayant des très faibles revenus. Des bons d’achat d’une valeur de 50€ par enfant seront envoyés aux familles ciblées par la CAF (QF inférieur à 390). Ces bons d’achat ne seront utilisables que dans les commerces locaux. Le budget de 150 000 euros va permettre de soutenir le pouvoir d’achat de 1616 familles représentant 2 910 enfants.

Contacté pendant la séance du conseil communautaire, Benoît Vuillemin vice-président de GBM en charge du commerce précise “Etant moi-même commerçant à Besançon, je n’ai pas pris la parole sur ce rapport de soutien au commerce, ni participé au vote”. Le Maire de Saône poursuit “je ne partage pas ce rapport…je ne le trouve pas à la hauteur des difficultés rencontrées par les commerçants dont les magasins sont fermés. Notre collectivité doit être celle de la proximité et des actes immédiats en parallèle à un Etat lointain. Je considère que GBM intervient timidement ; j’avais proposé une aide aux loyers pour toutes les entreprises fermées…ça n’a pas été retenu par le Bureau, je le regrette”.

Les dimanches s’invitent au confinement

Petite passe d’armes politique de la part des élus bisontins communistes et A Gauche Citoyens. Ils s’opposent à la décision de la Métropole d’autoriser l’ouverture des commerces 6 dimanches par an en 2021 et 2022. La position est étrange alors que Christophe Lime, chef de file des communistes bisontins, parle “d’un plan commerce très réactif, que le commerce va mourir pendant que les ventes Internet explosent”. Pourtant, il est aisé de commander en ligne tous les dimanches de l’année !

Ces échanges ont démontré l’accumulation des strates administratives qui nuisent à l’agilité et la réactivité dont devraient faire preuve les collectivités pour venir en aide aux entreprises.  S’il faut “savoir faire preuve de sang-froid et d’empathie, on ne peut pas compenser l’intégralité des pertes de chiffre d’affaires des entreprises” a conclu Gabriel Baulieu le premier vice-président de GBM.

La taxe d’aménagement irrite les communes périphériques

Au centre de cette fronde des élus ruraux, l’évolution des taux et la répartition des recettes entre la métropole et les communes. Alors que le rapport était proposé au vote globalement, Marcel Felt (Maire de Miserey) et Pierre Contoz (Maire de Montfaucon) ont demandé et obtenu que les propositions soient votées séparément. L’écueil portait sur “la taxe cabanon” (27 votes contre). Pour le Maire de Miserey-Salines, “permettre aux communes d’exonérer de taxe sur les abris de jardin les primo-accédants est une mesure de bon sens. Le coût de la taxe dépasse souvent largement le prix d’achat d’un abri de jardin”. Au-delà de l’anecdote “cabanon”, c’est bien la question de la fiscalité locale qui pose problème, entre solidarité d’une métropole et intérêts individuels de telle ou telle commune.

Cette assemblée communautaire ressemblait, par moments, à un remake du conseil municipal de Besançon. On y a parlé plus du contrat de ville et de ses effets à Planoise, aux Clairs-Soleils ou à Palente que de l’aménagement global du territoire bisontin. Il est parfois dur d’être élu des communes périphériques.

Yves Quemeneur