76 ans après…la mémoire défaillante

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Anne Vignot, Maire de Besançon, a rendu un vibrant hommage aux femmes résistantes et déportées de Besançon ©YQ

De commémorations en journées du souvenir, du rappel du procès de Nuremberg à l’émotion qui « prend aux tripes » quand on visite le cimetière de Colleville en Normandie, avons-nous avancé face à la barbarie et au slogan répété du “plus jamais ça” ?

De la Citadelle au cœur de ville

Besançon fêtait ce 8 septembre 2020 le 76ème anniversaire de sa libération après quatre années de barbarie nazie. Traditionnellement commémorée à la Citadelle au « Carré des fusillés », la nouvelle équipe municipale a souhaité partager ce moment de souvenir au plus près des habitants, sur la place Saint Pierre devenue justement « Place du huit septembre ».

Honneur aux femmes résistantes

Anne Vignot, nouvellement élue à la mairie de Besançon, voulait marquer de son empreinte cette première manifestation officielle. En rendant hommage à 16 femmes résistantes et déportées de Besançon, la Maire “replace les femmes au cœur de ce mouvement de résistance”.

Camille Charvet, Marguerite Marchand, Elisabeth Torlet, Denise Guillemin, Anise Postel-Vinay, Germaine Tillion, Colette Zingg, Alice Magnin, Lou Blazer, Denise Lorach, Marcelle Vivot, Germaine Bessard, la Sœur Marcelle Baverez et les sœurs Bergerot : elles ont risqué leur vie, ont été déportées, exécutées ou encore torturées.

Ces femmes ont, comme tant d’autres femmes et hommes anonymes, contribué à libérer notre territoire. La maire ajoute dans son discours d’hommage “il est fondamental de faire savoir que ce sont les femmes qui se sont mobilisées…Dans toutes les guerres, elles sont fortement impliquées”. Pour autant, la Maire de Besançon avait-elle besoin de conclure son discours par des termes de militante féministe “ces femmes se sont sacrifiées, elles ont, elles aussi, gagné la guerre. On a mis du temps à leur accorder des droits, une véritable injustice”. Dans les luttes pour la liberté, il n’y a que des êtres humains, souvent exceptionnels, qui meurent pour que vivent les autres.

Des enfants de l’école de l’Helvétie ont retracé les quatre journées de combat pour la libération de Besançon en septembre 1944 ©YQ

Des enfants de l’école de l’Helvétie ont retracé l’histoire de ces combats pour la libération de Besançon qui auront duré quatre longues journées. Épaulés par les maquis FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) 60 000 hommes du 6ème corps américain, qui avaient libéré Quingey dès le 4 septembre, se rendent maîtres du pont d’Avanne, seul pont resté intact, avant de libérer la capitale comtoise.

Les barbaries qui ont massacré des millions de femmes et d’hommes au milieu du siècle dernier ne nous ont pas guéris de nos pulsions animales. Elles ont changé de nature, elles sont plus insidieuses mais tout autant dangereuses pour l’avenir de l’humanité. Chaque commémoration doit le rappeler.

Yves Quemeneur