76ème anniversaire du 8 mai 1945 sur l’esplanade des Glacis

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Devenu un jour férié banal, la commémoration de la capitulation de l’Allemagne nazie n’attire plus les foules…et pourtant !

Le Préfet du Doubs Joël Mathurin dépose une gerbe sur l’esplanade des Glacis ©YQ
Généraux, parlementaires et élus étaient présents pour cette commémoration ©YQ

Les millions de morts de la barbarie, les centaines de milliers de morts venus mourir sur les plages de Provence et de Normandie, des enfants de Durban, de Liverpool ou de Kansas City. “On bâtit l’avenir sur la mémoire du passé”.

8 mai 1945 et 9 mai 1950
Marie-Guite Dufay présidente de région et Anne Vignot la Maire de Besançon ©YQ
Ludovic Fagaut, vice-président du conseil départemental du Doubs, représentait Christine Bouquin ©YQ

On commémore donc le 8 mai la capitulation allemande signée à Berlin entre les alliés et ce qui restait du régime nazi. Mais c’est le 7 mai à Reims que la reddition fut signée au quartier général des forces alliées. Il aura fallu une colère mémorable de Staline pour que le dictateur communiste obtienne une seconde signature le lendemain à Berlin, ville occupée par les troupes soviétiques !

9 mai 1950 ? Une date bien peu connue mais qui est la marque originelle de la construction européenne. Ce jour-là Robert Schumann, ministre des affaires étrangères français, propose dans une conférence de presse au Quai d’Orsay, la création d’une organisation européenne chargée de mettre en commun les productions françaises et allemandes de charbon et d’acier. C’est la construction de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier). Cinq ans presque jour pour jour après la fin de seconde guerre mondiale, les ennemis d’hier construisaient l’Europe d’aujourd’hui. Rien n’aurait été possible sans la volonté tenace de Robert Schumann et surtout Konrad Adenauer le chancelier allemand.

Alors commémorer le 8 mai et se recueillir sur les morts de la guerre ne devraient pas priver de commémorer ce 9 mai 1950 et les 76 ans sans guerre que la construction européenne aura permis. Et si la première semaine du mois de mai devenait une période de fête « nationale » dans toute l’Europe ? Nous partageons une histoire, une culture, des patrimoines communs. L’actualité devrait nous en faire mieux prendre conscience.

Yves Quemeneur