8 septembre 2019 : 75ème anniversaire de la libération de Besançon

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libération de Besançon
cérémonie officielle au carré des fusillés de la citadelle de Besançon le 8 septembre 2019 - DR

Souvenir ou mémoire ? L’un est la part de l’autre. Se souvenir, c’est tenter de garder intacte la mémoire des faits, celle des gens que l’on a connu ou encore une manière de réécrire l’histoire au fil des temps. Le 8 septembre 1944, Besançon était libérée de quatre années d’occupation nazie. 75 ans plus tard, il est bon de garder le souvenir intact, nous ne sommes pas à l’abri de la bêtise humaine !

Les combats pour la libération de Besançon auront duré quatre jours dans et autour de la ville. Épaulés par les maquis FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), les 60 000 hommes du sixième corps américain se rendent maîtres du pont d’Avanne après avoir libéré Quingey dès le 4 septembre. C’est par le même pont d’Avanne que les allemands avaient occupé Besançon en 1940.

Libération de Besançon
Les chars du 6ème corps américain Place de la Révolution – photo Robert Guerin

Les régiments d’infanterie américaine vont progresser par le Rosement et Saint-Ferjeux pour finalement investir la ville dès le 7 septembre. Le maire Henri Bugnet sauve la ville des obus incendiaires que les nazis voulaient tirer. Déposé dès le 8 septembre par Jean Minjoz (pourtant adjoint pendant toute l’occupation) Henri Bugnet est inquiété pour collaboration. Il sera blanchi quelques mois plus tard…

brasserie Gangloff libération de Besançon
La brasserie Gangloff (à l’emplacement de l’immeuble “le Président”) fut bombardée lors de la libération de Besançon – photo Marcel Bidoli

A 19h, la citadelle de Besançon est prise, ce qui fait dire aux puristes que la libération de Besançon est le 7 septembre. Ce soir-là, plus aucun allemand n’occupe la ville.

Le bilan de ces quatre jours de combats sera lourd : les américains perdent 80 hommes et près de 100 GI’s sont blessés. 50 civils perdent la vie et on compte presque autant de morts chez les FFI. Côté allemand, 250 soldats sont tués et les américains font 2 500 prisonniers.

Une semaine de commémorations
libération de Besançon
le 24 septembre 1944, le général de Gaulle visite Besançon libérée depuis peu DR

Une cérémonie officielle se déroulera le dimanche 8 septembre 2019 à 18h30 au carré des fusillés à la citadelle de Besançon, en présence des familles de résistants bisontins morts pour libérer leur ville. Ce sera l’occasion de mettre la première pierre à la restauration complète du musée de la résistance et de la déportation, lieu de mémoire reconnu au niveau international. Le 1er janvier 2020, le musée fermera ses portes pour deux ans et demi de travaux.

Expositions et conférences vont ponctuer toute la semaine : « Besançon sous l’occupation » ou « les combats de la libération ». Tout le programme est disponible sur 75ansliberation.besancon.fr

Pour les jeunes générations qui ont vécu et vivent encore dans un « monde apaisé », les paroles de leçon d’histoire d’une chanson de Jean-Jacques Goldmann peuvent résonner dans leur cœur

 “Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt                                Sur les ruines d’un champ de bataille                        Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens                      Si j’avais été allemand ?                                          Bercé d’humiliation, de haine et d’ignorance              Nourri de rêves de revanche                                  Aurais-je été de ces improbables consciences            Larmes au milieu d’un torrent                                Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons      d’un troupeau                                                                Et qu’on nous épargne à toi et moi si possible très           longtemps d‘avoir à choisir un camp”

YQ