Doubs. A Besançon, l’avenir du quartier des Vaites se précise

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Le quartier des Vaites à Besançon

L’éco quartier des Vaites a désormais un avenir qui sera soumis à l’approbation du conseil municipal de Besançon le 30 septembre prochain. A mi-chemin entre le projet initial et les propositions de la conférence citoyenne, le projet réduit de 50% la zone constructible.

Une mise à jour nécessaire du projet initial de 2011

Le projet d’éco quartier des Vaites consistait à l’origine à densifier l’habitat en ville pour éviter l’étalement urbain et améliorer l’offre de logements en l’adaptant mieux à la taille des familles. L’objectif demeure le même pour Anne Vignot. La maire « veut repenser plus globalement la politique du logement à l’échelle de la ville et de GBM ». Si elle souhaite augmenter les mesures incitatives de réhabilitation des logements dans le centre-ville (Action Cœur de Ville), elle imagine également des offres de logements dans les communes périphériques…est-ce une incitation à l’étalement urbain ?

L’autre objectif de cet éco quartier était de favoriser la mixité sociale. C’est dans ce cadre que le NPRU s’inscrit : diminuer le nombre de logements à Planoise et déconstruction des 408 pour les répartir sur l’ensemble de l’agglomération. Qui dit mixité sociale dit aussi mixité des revenus. En l’espèce, aux Vaites, le projet soumis au conseil municipal prévoit une augmentation de 50% du nombre de logements sociaux, à l’encontre de la mixité sociale recherchée.

500 logements de moins pour 10 millions d’euros de plus

Le projet initial prévoyait la construction de 1 150 logements, soit 71% de surfaces urbanisées sur les 23 hectares de la ZAC (Zone d’Aménagement Concertée) et 29% de surfaces naturelles. Le projet revisité par la Mairie équilibre à 50% l’aménagement urbain et les espaces naturels.

La Maire s’en défend « le chiffrage de 18 688 593€ pour le coût de l’opération n’est pas un budget soumis au conseil municipal du 30 septembre. C’est une première estimation qui devra être affinée avant d’être votée ». Le Parc urbain et les jardins représentent une enveloppe de 4,8 millions d’euros, la construction d’un parking silo est estimée à 2,8 millions, l’aménagement de « l’avenue de la Noue » (qui s’appelait en 2016 l’avenue des maraîchers) coûterait 1 million d’euros et l’ensemble des adaptations de l’espace urbain (voiries et transports en particulier) est estimé à 5 millions d’euros.

Si la construction d’une nouvelle école (en remplacement de l’école Tristan Bernard) est actée dans le projet final, elle accueillera moins d’enfants et coûterait 2 millions d’euros en moins.  Anne Vignot l’assume : les enjeux environnementaux liés au changement climatique (biodiversité, ilots de fraicheur, jardins…) et les nouveaux enjeux sur la qualité environnementale des bâtiments ont un coût. Le projet initial était estimé à plus de 9 millions d’euros. Celui qui sera proposé au vote des élus le 30 septembre avoisine 19 millions d’euros. Le « quoi qu’il en coûte » se décline aussi dans les politiques écologistes.

Le 30 septembre, l’opposition va s’opposer, la majorité va ratifier ! Il restera le temps judiciaire des recours actuels, le temps des futurs recours, le temps de la construction et des aménagements. Le quartier des Vaites est finalement le fruit d’un consensus qu’il faut mettre au crédit de la Maire de Besançon. Les marteaux-piqueurs ne vont pas remplacer de sitôt la « Vigie ».

Yves Quemeneur