“A bientôt j’espère” la mémoire sélective !

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Aline Chassagne pose devant la banderole "A bientôt j'espère" préfigurant les futures luttes sociales à Besançon ? ©YQ

La Maire de Besançon inaugurait ce vendredi 9 octobre une immense banderole “A bientôt j’espère” placée sur le toit de ce qui fut « la cathédrale » surnom donné au bâtiment emblématique de feue la Rhodiaceta.

Le message fait référence au titre du film de Chris Marker réalisé pendant la grève du printemps 1967 qui avait mobilisé 2 000 ouvriers de la Rhodiaceta sur les 3200 salariés que comptait l’entreprise. A la fin du film, Georges Maurivard, l’un des animateurs de la grève de 1967 prononce cette phrase qui préfigure, selon le réalisateur, le mouvement de 68 : “Au revoir les patrons et à bientôt j’espère”.

La déconstruction de l’usine historique de la Rhodiaceta a laissé place à une esplanade de béton et de morceaux de ferraille ©YQ

Oui, en 1982, les patrons de Rhône-Poulenc, ont dit au revoir aux ouvriers de Besançon, en signant la fermeture du site. L’Histoire dira où se situait la responsabilité de cette casse économique et sociale qui a atteint durablement l’économie de la capitale comtoise.

Anne Vignot la maire de Besançon et Aline Chassagne son adjointe à la culture, posent devant “la cathédrale” et l’immense banderole en hommage aux grèves de 1967…! ©YQ

Pour Anne Vignot et Aline Chassagne, son adjointe communiste à la culture, “la pose de la banderole est un moment mémoriel qui fait écho à la crise économique et sociale que nous connaissons en 2020”.

Faire revivre le quotidien des ouvriers et des ouvrières de la Rhodia en gardant ce monument de l’histoire industrielle de Besançon, “c’est faire collectif avec ceux qui travaillent” précise Anne Vignot.

A la Rhodiaceta, il paraît que c’est de la poésie ! L’adjointe à la culture assure que le mur sera rapidement recouvert…Pourtant il existe ! ©YQ

Ce lieu de mémoire des luttes sociales “montre l’aliénation des travailleurs. La lutte contre le capital et le patronat va continuer” poursuit Aline Chassagne. On est encore dans la lutte des classes !

Le site de la Rhodiaceta fait toujours l’objet de nombreux tags et graffitis dans les restes de l’usine “lieu de mémoire des luttes sociales” ©YQ

Alors que l’avenir de Besançon s’écrira avec l’installation de nouvelles entreprises, de nouveaux entrepreneurs qui prennent tous les risques pour créer et développer l’économie et les emplois de demain, la nouvelle municipalité se retourne vers un passé social qui a vu la ruine des fleurons industriels bisontins (Lip, Rhodiaceta, Kelton-Timex…). L’image de Besançon pourrait être quelque peu écornée auprès des investisseurs industriels.

Yves Quemeneur