Accompagnants familiaux : un métier de service public

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Accompagnants familiaux
Christine Bouquin entourée des nouveaux accompagnants et de certaines personnes accueillies ©YQ

Belle opération de communication de Christine Bouquin, la présidente du conseil départemental du Doubs. Le département est le territoire de référence des solidarités. En remettant les attestations de formation aux accompagnants familiaux, la présidente du département met en lumière ce métier, souvent alternative à l’EHPAD.

“Bien vieillir comme à la maison”

Ce 3 décembre était l’occasion de reconnaître officiellement 16 nouveaux accueillants dans le département, essentiellement des habitants du pays de Montbéliard ou de l’agglomération bisontine. Elles (ils) rejoignent la quarantaine d’accueillants familiaux agréés dans le Doubs.

Personnes âgées en perte d’autonomie ou handicapés (es), le maintien dans le domicile n’est plus possible. Pour autant, ils ne veulent pas (ou ne peuvent pas) intégrer l’hébergement en EHPAD, soucieux de conserver autonomie et vie sociale. L’accueil familial répond à cette demande.

Accompagnants familiaux
Christine Bouquin, Président du conseil départemental du Doubs a remercié chaque accompagnant familial pour son implication ©YQ

“Comme à la maison” le rappelle Christine Bouquin. La personne accueillie ne va pas seulement  intégrer une chambre qui lui est réservée, elle va s’intégrer dans la famille d’accueil. “Quand ma maman a souhaité devenir accueillante, les services du département sont venus à la maison ; il fallait que toute la famille adhère à cet engagement. A l’époque, j’avais 13 ans et j’ai retrouvé un papy de 83 ans, comme le grand-père que je n’avais pas connu” souligne le fils de Claudine Petit. L’implication répond parfois au besoin de compenser la perte d’un père ou d’une grand-mère.

Formation obligatoire

La loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement, impose depuis le 1er juillet 2017 une formation initiale d’au moins 54 heures aux personnes ayant fait une demande d’agrément d’accueillant familial auprès de département.  Le cadre juridique et institutionnel de l’accueil familial, le contrat d’accueil et le rôle de l’accueillant y sont déroulés. Les personnes ayant eu l’agrément avant le 1er juillet 2017 en sont dispensés. Au-delà, il est désormais obligatoire pour chaque accueillant familial de suivre une formation continue d’au moins 12 heures tous les cinq ans. Ces formations couvrent tous les champs du métier ou traitent de thématiques particulières.

Un métier de service public peu ou mal reconnu
Accompagnants familiaux
Les accompagnants familiaux…au service des autres ©YQ

Dans ces temps de contestations des réformes, il est des métiers indispensables au quotidien de la population souvent « cachés sous le tapis ». C’est le cas des accompagnants familiaux. Ils font ce métier avec passion H24 et 365 jours/an. Si l’aspect économique est pris en compte, ces personnes ont un statut particulier. Claudine Petit, ancienne laborantine et élue locale souhaiterait une meilleure reconnaissance “Nous ne pouvons pas cotiser à l’assurance-chômage et notre statut n’est pas reconnu comme un CDI quand on souhaite faire un emprunt”.

Ils (elles) s’accordent à dire que les services du conseil départemental du Doubs sont à leurs côtés pour les accompagner et reconnaître leur mission. C’est parfois “la mauvaise case à remplir ou l’absence de case sur un document administratif” qui perturbe l’équilibre de la famille.

Accompagnants familiaux
Les accompagnantes familiales sont aussi des “accompagnants” comme Roland Jouffroy ©YQ

Les accueillants familiaux ont aussi une attente importante : pouvoir être remplacés pour « souffler un peu » ou partir quelques jours en vacances. “C’est effectivement un problème que notre collectivité doit résoudre. Je donne la consigne au directeur général chargé des solidarités de me proposer une solution avant la fin de l’année 2020” a répondu Christine Bouquin.

Le département a la compétence sur toutes les solidarités et dans le Doubs, cette mission est bien assurée. Le vieillissement de la population est l’enjeu majeur des prochaines années. En choisissant la proximité et le bon sens, Christine Bouquin veut faire du métier d’accompagnant familial une bonne alternative entre le maintien à domicile et le placement en EHPAD.

Yves Quemeneur

Le métier d’accueillant familial vous intéresse ? Vous pouvez prendre contact avec le conseil départemental au 03 81 25 89 64 ou accueil.familial@doubs.fr