Adrien Ducouloux, « Happy’culteur »

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Sa vidéo sur les animaux de la forêt à été vue 2,5 millions de fois!

A 25 ans, le jeune homme est un passionné de nature, un intérêt qui se manifeste dans sa vie professionnelle comme dans ses loisirs en grande partie consacrés à ses abeilles.

 

Comment est venu ce grand intérêt pour la nature ?

Depuis mon plus jeune âge, je me suis senti proche de la nature. J’aimais me promener pour apprendre à connaître les différentes espèces de la faune et de la flore locale, j’ai beaucoup observé et ça m’émerveillait. Alors dès le collège quand j’ai pu intégrer une classe environnement je n’ai pas hésité. Ça m’a permis de visiter des parcs naturels. J’ai ensuite poursuivi dans cette voie en passant une licence de biologie spécialité écologie puis un Master en sciences de l’eau afin d’étudier le fonctionnement des milieux aquatiques. Et aujourd’hui j’ai la chance de travailler dans notre magnifique région pour préserver les milieux aquatiques, je suis chargé de mission au Syndicat mixte Doubs-Dessoubre pour la mise en place du contrat de bassin.

 

Et les abeilles dans tout ça ?

C’est à 19 ans que ça a commencé… à force de voir des reportages sur le sujet, je m’y suis intéressé et je suis vite tombé amoureux des abeilles. C’est en effet un animal extraordinaire de part son comportement, sa vie sociale, et son utilité ne serait-ce que par la production d’un aliment exceptionnel, le miel.

En fait je n’avais aucun proche intéressé par le sujet mais j’ai rencontré un apiculteur expérimenté qui m’a beaucoup appris, beaucoup montré et expliqué puis qui m’a même offert ma première colonie ! J’ai énormément de reconnaissance envers ces personnes qui partagent leur passion si volontairement.

 

Comment a évolué cette passion ?

J’en ai rapidement acheté deux autres et j’ai installé mes trois ruches en forêt sur un terrain privé. Dans le même temps le Syndicat Apicole du Doubs m’a permis de me perfectionner en suivant une quarantaine d’heures de formation et comprendre le fonctionnement d’une ruche au fil des saisons. Ce que j’ai commencé à faire en surveillant le développement des trois premières… puis elles ont été plus nombreuses. J’en ai une vingtaine aujourd’hui ce qui représente jusqu’à 60000 abeilles par ruche en été.

 

Quel est votre rôle dans la vie de ces ruches ?

Dès le printemps il faut déjà vérifier que les abeilles ont survécu à l’hiver, puis nettoyer la ruche et rajouter si besoin des cadres de cire. Bref, leur donner un habitat adapté pour que le développement puisse se faire sans problème. Sans oublier de s’assurer qu’il y a toujours une reine en place. A partir de là, il faut surveiller régulièrement et intervenir si besoin jusqu’à la récolte de miel que j’effectue en août. L’automne est ensuite consacré à contrôler qu’elles ont suffisamment de réserve pour l’hiver suivant et les prémunir contre les maladies.

 

Vos protégées ont eu de nombreuses visites en forêt ?

J’ai en fait installé au départ un abreuvoir pour les abeilles. Et en voyant les nombreuses traces d’animaux autour de celui-ci je l’ai agrandi pour qu’il profite à toute la faune de la forêt. Grâce à mes pièges photos j’ai vite constaté que les visiteurs étaient nombreux : lynx, sangliers, chevreuils, blaireaux, oiseaux… en tout une trentaine d’espèces. En 3 ans, j’ai accumulé 22000 vidéos dont j’ai fait un premier montage de 13 minutes que j’ai partagé avant tout pour mettre à l’honneur cette vie foisonnante et insoupçonnée. Les partages ont été rapidement très nombreux sur les plateformes et les réseaux sociaux. On est aujourd’hui à environ 2,5 millions de vues. Beaucoup de médias s’y sont aussi intéressés comme le magazine Géo ou Bfm Tv. Même l’Elysée a partagé l’info !

 

Un vrai succès qui vous donne des idées ?

Mon objectif reste le même : sensibiliser le grand public sur les questions d’environnement en faisant prendre conscience de la fragilité de notre écosystème, intéresser les gens aux questions liées à la biodiversité. Ça passe notamment par un best-of mensuel des animaux de la forêt que je capture aujourd’hui en images grâce à 8 appareils. Et aussi avec des tutoriels en vidéos que je réalise avec ma sœur Anaïs pour parler de l’apiculture. Car finalement les abeilles sont un formidable bioindicateur et rendent de nombreux services à notre écosystème.