Aides-soignantes: leur inaudibilité perdurera-t-elle ?

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L'aide-soignante, si importante humainement auprès des malades ou résidents, n'est pas reconnue socialement.

La profession d’aide-soignante (on ose la féminisation du mot pour la généraliser tant les hommes y sont peu nombreux) semble être parfois invisible. En tous les cas, elle manque de manière flagrante de reconnaissance.

L’aide-soignante est pourtant une professionnelle de santé précieuse, un maillon essentiel dans la chaîne du soin. Elle exerce par délégation et sous l’autorité des infirmières, des tâches essentielles à la vie de l’hôpital ou de l’EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes).
La proximité de ce métier avec les malades n’en fait pas pour autant une profession “écoutée”. Malgré leur dévouement sans faille, les aides-soignantes sont malheureusement vues par le grand public, comme des laveuses, des toiletteuses.
Les patients et résidents, eux, savent bien que leurs tâches ne se résument pas à ça et qu’ils peuvent compter sur leur grand professionnalisme, même si souvent les moyens manquent.
La profession s’organise depuis 2010 et souhaite se rendre plus visible.
Dès 2013, un “happening” avait été organisé sur le parvis de la Défense par le collectif “Ni bonnes, ni nonnes, ni pigeonnes”, composé à la fois d’aide-soignantes et d’infirmières. Il visait à alerter les citoyens (de futurs clients en quelque sorte) sur la dégradation constante de leurs conditions de travail. Cela rejaillit inévitablement sur la qualité des soins et la sécurité des malades.
Localement, Lydie Lefebvre, représentante syndicale CGT, explique:”A ce jour, la grille salariale peu incitative, rend le recrutement difficile. Les horaires atypiques, les rappels incessants, les congés annuels de 2 semaines consécutives seulement, ne cadrent plus avec les attentes d’aujourd’hui. En EHPAD, c’est encore pire qu’à l’hôpital. Les aide-soignantes ont officiellement sept minutes pour réveiller une patiente, la lever, la toiletter et l’installer pour le petit déjeuner. L’accompagnement est indigne, hors des valeurs des aide-soignantes qui aimeraient pouvoir privilégier l'”humain” tout simplement. A final, c’est le résident qui est lésé.”