Aménagement de la RN 57 : une réunion d’information ou un coup politique ?

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RN57 Beure - Amitié
Le nouveau tracé issu des deux concertations - DREAL BFC

“Personne ne devrait avoir peur du débat et de la transparence” a commenté Laurent Croizier (Modem) à l’issue de la réunion à huis clos proposée par Anne Vignot sur l’aménagement de la RN57 entre Micropolis et Beure.

“Un projet très abouti”

C’est le sentiment d’Olivier Thirion, directeur adjoint de la DREAL. Les services de l’Etat ont en effet remis à plusieurs reprises « l’ouvrage sur le métier ». Deux concertations depuis 2017 ont permis de prendre en compte les attentes des riverains, des associations, des professionnels de la route et de de tous les habitants de Grand Besançon Métropole. Solution de désengorgement des milliers d’heures d’embouteillages pour Besançon, cet aménagement est aussi une solution à la réindustrialisation sur l’axe essentiel franco-suisse. Il apparaît donc que le projet ne doit plus faire débat mais être réalisé.

Pour Yves Guyen, vice-président de GBM en charge des mobilités, cette réunion d’information avait pour objet “d’informer tous les élus de la collectivité peu au courant des différents niveaux du projet et pas de faire débat”. Pourtant le projet désormais ficelé a fait l’objet d’une large diffusion, en particulier lors de la réunion tenue à Saône le 27 février et à laquelle participaient une trentaine de maires du Plateau. A cette occasion, Olivier Thirion avait déjà présenté le projet d’aménagement.

Réunion d’information qui tourne à une réunion politique

Interrogé à l’issue de la réunion Ludovic Fagaut parle de “déni de démocratie”. L’élu d’opposition à la Maire de Besançon pensait pourtant que la réunion commençait bien avec la présentation complète et synthétique du représentant de la DREAL. “Nous devions en rester au jeu des questions-réponses techniques, puis les interventions de l’AUBAD (Agence d’urbanisme de Besançon Centre Franche-Comté) et de Lorine Gagliolo la vice-présidente de GBM chargée du développement durable et de l’environnement ont démontré la volonté politique d’Anne Vignot d’aller sur le terrain politique de l’anti-voiture et argumenter sur le danger d’une infrastructure dommageable pour l’environnement et la santé”. Une trentaine d’élus d’opposition et de nombreux maires des communes périphériques ont alors quitté la salle du Kursaal.

De son côté Karima Rochdi (LREM) s’est irritée dans un message de la façon de faire d’Anne Vignot “De qui se moque Madame Vignot ? Des élus bien sûr mais aussi et surtout des citoyens. Drôle de conception de la démocratie avec « cerise sur le gâteau vert » la mise à l’écart de la presse ! Personne ne l’avait osé, Madame Vignot le fait”.

Il faudra que la Présidente-Maire de Besançon fasse preuve de beaucoup de pédagogie pour convaincre que des alternatives sont possibles à ce projet routier. Pour diminuer le trafic routier, elle prône le télétravail. Dans le même temps, elle s’oppose au développement de la 5G et comment va-t-elle convaincre les restaurateurs de Besançon après leur réouverture qui réalisent une grande part de leur chiffre d’affaires à la pause méridienne.

Si la réunion avait pour objet de calmer les esprits, c’est clairement loupé. Pour certains élus présents à la réunion, “la manipulation a fait « pschitt »”. Le débat reviendra sur la table du prochain conseil communautaire le 12 mai avant une mise au vote des élus le 28 juin. Marie-Guite Dufay pour la région, qui finance le projet à 12,5% a déjà confirmé qu’il ne devait plus y avoir débat et que cet aménagement devait être réalisé, avis partagé par Christine Bouquin pour le département du Doubs prête à aider les collectivités dans le financement à hauteur de 12,5% sur un budget total de 130 millions d’euros. Début des travaux en 2023 pour une mise en service en 2027.

Yves Quemeneur