Animateur sportif : un métier précaire

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Comme de nombreux professionnels dans ce domaine, Julien Ibanez ne compte pas ses heures pour vivre de sa passion.

L’INSEE dévoile des chiffres prouvant que les métiers de l’animation et du sport sont difficiles et peu rémunérateurs.

La région comptait 20 700 employés dans le monde de l’animation et du sport, en 2015. Un quart seulement bénéficient d’un CDI et nombreux sont ceux ayant des contrats courts et à temps partiel. Près des deux tiers des postes du secteur sont en effet exercés au sein des structures associatives, dont les budgets dépendent grandement des subventions publiques. Celles-ci se tournent vers des personnels souvent jeunes, plus à même d’accepter ces conditions d’emploi, notamment des contrats courts. Cette précarité explique la très forte multi-activité des salariés du sport et de l’animation : 57 % d’entre eux ont occupé au moins deux postes différents sur l’année. Seul un tiers des multi-actifs font du sport ou de l’animation leur activité principale, la moitié d’entre eux exercent en outre et principalement un autre métier et les autres ne sont que très occasionnellement salariés. Face à la difficulté de vivre de l’activité salariée, le micro-entreprenariat se développe.
C’est le cas de Julien Ibanez, à la tête de sa micro-entreprise Alpha Sport, basée à Besançon. Il accepte de nous livrer ses impressions et son quotidien dans un monde où la concurrence est rude. “Il est clair, que nous sommes très nombreux sur le terrain, admet le dynamique trentenaire. Et en effet, si je n’avais été qu’un entraîneur de badminton, cela serait très compliqué pour moi. J’ai préféré un diplôme plus polyvalent qui m’offre surtout la possibilité aujourd’hui de travailler plusieurs disciplines.” Il ajoute : “Les associations n’offrent pas de plein temps, ce qui est dur car on doit jongler avec des horaires et avec les vacances scolaires. Durant ces périodes, beaucoup de clubs s’arrêtent, ce qui crée un manque à gagner important, notamment en été.”
S’en sortir financièrement est donc un véritable casse-tête à moins, comme Julien, de multiplier les fonctions. ” Je laisse de côté ma casquette de coach sportif pour enfiler celle d’animateur : fêtes, anniversaires … ”
Un emploi du temps haché, qui nécessite de nombreux sacrifices et implique de ne pas compter ses heures ! Julien a quand même fait un décompte : “Par semaine, cela me donne 25 heures de cours à proprement parlé, 7h de déplacements, 6 heures de préparation, 2 à 4 heures de paperasse. Je fais en moyenne 1700 kilomètres par mois, et je travaille du lundi au samedi, jusqu’à 22h30 certains soirs. Mon salaire moyen est de 1700€, sachant que je consacre la moitié de mes bénéfices dans l’achat de nouveaux matériels. Quand je parle avec mes collègues, je me rends compte que je m’en sors pas trop mal. Ils tournent plutôt en moyenne à 1300€ par mois, en faisant des horaires de fou !”