Anne Vignot à la tête de Grand Besançon Métropole

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Anne Vignot élue Présidente de Grand Besançon Métropole ce jeudi 16 juillet 2020 - Crédit photo Eric Chatelain - Grand Besançon Métropole

L’agglomération bisontine est un territoire de consensus où la ville-centre devra “encore plus qu’avant” tenir compte des 67 communes périphériques.

L’élection d’Anne Vignot ne devait être qu’une formalité au siège de Présidente de la communauté urbaine. La charte de gouvernance mise en place en 2001 qui donne la présidence au (à la) Maire de Besançon confie la majorité des voix (60/40) aux communes périphériques. Ce système original, probablement unique en France, permet de trouver un consensus sur tous les dossiers de l’agglomération.

“Certaines communes n’ont pas respecté la charte et je le regrette” a constaté la nouvelle présidente à la lecture des résultats du vote. Sur 123 conseillers communautaires présents ou représentés, 86 voix se sont portées sur Anne Vignot mais 30 voix pour Ludovic Fagaut et 7 bulletins blancs. Ce n’est pas un vote de défiance envers la nouvelle maire de Besançon, un simple coup de semonce de certains maires ruraux avec en creux “nous acceptons les règles à condition de respecter toutes les communes périphériques”.

Attention à l’écologie punitive

“La charte nous engage” pour Jean-Paul Michaud Maire de Thoraise, “faire vivre tout le territoire” selon Gabriel Baulieu Maire de Serre-les-sapins ou encore “la charte avant tout” pour Pierre Contoz le Maire de Nancray, les élus ruraux rappellent que la charte devra s’appliquer dans les actes et pas seulement dans les déclarations. La nouvelle majorité, résolument verte à Besançon, rebat les cartes de la gouvernance. La nouvelle présidente de Grand Besançon Métropole devra entrer dans le moule, au risque de perturber les fragiles équilibres entre la ville-centre et les territoires ruraux. Jean-Louis Fousseret avait su manœuvrer habilement depuis la création du district en 1993. Il ne reste plus qu’un élu ayant la mémoire de cette époque. C’est justement Gabriel Baulieu. Le maire de Serre-les-sapins a fait partie des fondateurs de l’agglomération bisontine ; 27 ans après, il devient le 1er vice-président de la nouvelle communauté urbaine, façon de rassurer tous ses collègues ?

15 vice-présidents et 17 conseillers communautaires délégués

Conseil communautaire d’installation, il convenait d’élire tous les membres du Bureau de la communauté urbaine. Formalité là encore puisque les candidats étaient déjà  pressentis par secteurs de vie du territoire.

Gabriel Baulieu, Maire de Serre-les-sapins, 1er vice-président chargé des finances, structures associées et relations avec les élus municipaux et les ressources humaines. Il sera assisté de 3 conseillers communautaires délégués : Olivier Grimaître (A Gauche Citoyens) à la démocratie participative, Fabrice Taillard (1er Adjoint de Deluz) pour l’aide et les services aux communes et Marie-Jeanne Bernabeu (Maire d’Avanne-Aveney) pour la commande publique.

Nicolas Bodin, élu PS de Besançon, 2ème vice-président en charge de l’économie, de l’emploi, l’insertion, la relance, l’innovation et la transition. Il sera accompagné de Sébastien Coudry (PS Besançon), conseiller communautaire délégué à la jeunesse, la vie étudiante et le réseau numérique.

Pascal Routhier, le maire de Saint-Vit est nommé 3ème vice-président chargé de l’habitat. Deux conseillers communautaires délégués auront en charge le logement public et la fracture sociale (Anne Benedetto PCF Besançon) et l’accueil des gens du voyage et des terrains familiaux (Loïc Allain Maire de Thise).

La 4ème vice-présidence est confiée à Lorine Gaglioli, élue EELV de Besançon. Elle aura en charge le développement durable, l’énergie et l’environnement. Elle sera assistée de 3 conseillers communautaires délégués : Françoise Presse (EELV Besançon) à l’agriculture et l’alimentation, Gilles Ory (Maire de Bonnay) à la qualité de l’air, les zones humides et la prévention des inondations et Serge Rutkowski (Maire des Auxons) aura en charge les bâtiments, cimetières, patrimoine et réseaux de chaleur et de gaz.

La 5ème vice-présidence est dévolue à Yves Guyen (Maire d’Ecole-Valentin) en charge de la voirie, des infrastructures et des réseaux opérationnels.

Marie Zehaf (PS élue de Besançon) 6ème vice-présidente, aura en charge les transports, les mobilités et le stationnement. Elle sera assistée de Gilbert Gavignet (Maire de Chemaudin et Vaux) pour les modes doux.

Daniel Huot (Maire de Mamirolle) sera le 7ème vice-président en charge de la gestion des déchets.

Aurélien Laroppe (EELV Besançon), 8ème vice-président, gérera l’urbanisme opérationnel.

Le 9ème vice-président est Benoît Vuillemin (Maire de Saône). Il aura en charge l’attractivité et le rayonnement du territoire, le commerce, l’artisanat et le tourisme ainsi que l’enseignement supérieur. Il sera accompagné de François Bousso (EELV Besançon) pour l’éco-tourisme et les congrès et de Frédérique Baehr (PS Besançon) à l’économie de proximité.

La 10ème vice-présidente, Marie Etevenard (EELV Besançon) aura en charge la politique de la Ville, la rénovation urbaine et l’accompagnement social.

11ème vice-présidente, Catherine Barthelet (Maire de Pelousey) sera chargée du projet de territoire, de la planification, la prospective et les coopérations. Elle aura à ses côtés deux conseillers délégués : Marcel Felt (Maire de Miserey) pour les zones d’activités et Nathan Sourisseau (EELV Besançon) chargé de la coopération transfrontalière et de l’Arc jurassien.

Christophe Lime (PCF Besançon) est élu 12ème vice-président en charge de la gestion de l’eau et de l’assainissement. Il sera assisté de Denis Jacquin (Maire de Torpes) à l’infrastructure des eaux et de Franck Laidié (Maire de Pugey) pour le traitement individuel des eaux usées.

13ème vice-président, Michel Jassey (Maire de Devecey) est chargé de la culture, de la grande bibliothèque, des sports et des équipements sportifs. Il sera assisté d’Yves Maurice (Maire de Pouilley-Français) au réseau des écoles de musique et le suivi du Conservatoire à rayonnement régional

Jean-Paul Michaud (maire de Thoraise) est élu 14ème vice-président chargé de l’aménagement du territoire et du SCoT.

15ème et dernier vice-président, Christian Magnin-Feysot (maire de Chalezeule) sera chargé du contrat local de santé sur le territoire, du CHU, de l’accessibilité et des relations avec l’agence d’urbanisme.

Comme pour les adjoints et conseillers délégués de Besançon, ça ressemble à une « armée mexicaine » : 32 membres qui devront siéger dans l’exécutif de la communauté urbaine et parler d’une seule voix, c’est un challenge !

Une géographe à la tête du territoire bisontin

C’est Anne Vignot qui le dit “vous le savez, je suis géographe, et j’entends que nous fassions territoire…avec nos voisins et partenaires, le pôle métropolitain Centre Franche-Comté, la Suisse et Dijon…et discuter avec Strasbourg, Nancy, Lyon ou Paris…” La nouvelle présidente a une géographie bisontine étendue. Elle poursuit son discours d’installation en mettant l’accent sur la charte de gouvernance “j’insiste sur ce mode de gouvernance vraiment unique en France et qui a permis au Grand Besançon depuis sa création d’être administré avec une recherche constante du consensus au service de l’intérêt général. C’est une richesse que j’entends préserver car c’est tous ensemble que nous parviendrons à relever les défis qui se présentent à nous”. Les défections lors de son élection démontrent que certains seront effectivement attentifs au consensus indispensable. Elle poursuit en imaginant “un toilettage” du projet de territoire et trouver “une alternative à la voiture individuelle”. Cela sent l’écologie punitive même si elle ajoute “les exigences environnementales ne sont pas contradictoires…avec le développement harmonieux”.

Besançon et sa communauté urbaine sont maintenant en état de marche. Il faut maintenant appuyer sur « start » sans tarder pour redonner le rayonnement économique, culturel, sportif et touristique de la « plus belle ville de France ».

Yves Quemeneur