Anne Vignot élue 1ère femme et Maire écologiste de Besançon

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Jean-Louis Fousseret remet l'écharpe de Maire à Anne Vignot, Maire élue de Besançon ©YQ

Si l’on ne devait retenir que cela de l’élection municipale de Besançon du 28 juin, le bilan de cette victoire est bien maigre.

“Femme”…en quoi est-ce une révolution ?

Pour les vainqueurs de dimanche, ce serait donc une victoire des femmes sur les hommes. Pour parler d’égalité femmes-hommes, le nouvel exécutif bisontin va instaurer « l’écriture inclusive » alors que le mauvais apprentissage de « l’écriture tout court » est facteur d’exclusion pour de nombreux enfant.e.s

“Ecologiste”…en quoi est-ce une qualité politique particulière ?

L’écologie est « l’économie de la nature » selon Darwin. Améliorer nos rapports avec l’environnement n’est donc qu’un aspect parmi d’autres des interactions entre les espèces vivantes et leur environnement. Elle n’appartient pas à un camp, ce n’est pas la Bible de demain. L’écologie est l’affaire de chacune et chacun d’entre nous, sans idéologie.

Conseil municipal d’installation

Majorité et opposition, tous les élus ou presque étaient présents pour élire la nouvelle maire de Besançon et l’ensemble des adjoints. Sans surprise, Anne Vignot tête de liste de « Besançon par nature » a été élue par 40 voix et 15 bulletins blancs (11 votes des élus de la liste de Ludovic Fagaut et 4 élus de la liste d’Eric Alauzet).

Anne Vignot a pris ses marques de maire de Besançon ce vendredi 3 juillet 2020 ©YQ

Dans son propos d’introduction Anne Vignot s’est affirmée “être la maire de tous les bisontins”. Honorée de succéder à trois maires de gauche qui ont su faire de Besançon “une ville singulière”, Anne Vignot confirme tout de suite le sens politique du nouvel exécutif “je mènerai un projet écologique à la mairie de demain avec plus de solidarité, plus d’exigence démocratique face à l’urgence climatique”. Tout en voulant être la maire de tous les bisontins, elle rappelle, malgré le faible score et la forte abstention “j’ai mené une liste de rassemblement de femmes et d’hommes de gauche. J’ai su rassembler et fédérer”.

En réponse, Ludovic Fagaut à la tête d’un groupe de 11 conseillers municipaux d’opposition, entend être dans une opposition constructive, ferme et pas systématique. “L’écart du résultat (566 voix) ne représente que 0.8% du corps électoral bisontin. La fracture citoyenne est réelle et avec 42% des suffrages exprimés, vous ne pourrez pas nous ignorer”. L’opposant poursuit “Vous avez une obligation de résultat, vous serez jugée sur vos actes pour une ville plus sûre, plus connectée, plus dynamique au plan économique. Vous devrez dès le 15 juillet donner le détail de vos actions en ce qui concerne les Vaîtes et l’occupation illégale du site, et indiquer vos orientations sur la sécurité pour la police municipale”.

De son côté, Eric Alauzet à la tête d’un groupe de 4 élus poursuit “le temps du combat est clos. Seule la réussite de Besançon nous préoccupe. Allez-vous condamner l’occupation des Vaîtes ? Allez-vous agir en faveur des entreprises de notre territoire ? Etes-vous déterminée à accueillir tous les enfants dans les cantines bisontines à la rentrée ? Enfin, allez-vous inverser le déclassement de Besançon ?”

On retiendra aussi le propos censé de Nicolas Bodin, chef de file des socialistes dans la nouvelle majorité “Nous devons toujours nous comporter comme si on était dans l’opposition”. Celui qui aura probablement la haute main sur la gestion de la communauté urbaine sait que l’humilité et le doute doivent commander l’action politique.

Jean-Louis Fousseret “J’aime cette ville”

L’émotion était intense pour celui qui a siégé depuis 37 ans au conseil municipal, d’abord comme adjoint de Robert Schwint puis maire pendant trois mandats. A l’issue d’une « standing ovation » de tout le conseil municipal, le remerciant de son fort engagement pour Besançon, Jean-Louis Fousseret a conclu “une présidence que l’on quitte, ce n’est pas forcément un livre que l’on ferme” ouvrant la porte à sa disponibilité pour aider les uns et les autres, s’ils le souhaitent. A l’unanimité, le conseil municipal de Besançon va demander au Préfet que Jean-Louis Fousseret soit nommé « Maire honoraire de Besançon ».

Il fallait aussi élire les adjoints
Étrange photo des adjoints à Anne Vignot devant les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Doubs. Aucun représentant des entreprises dans les élus de la majorité ©YQ

Ils sont seize dans cette nouvelle mandature. Eric Alauzet et Ludovic Fagaut n’ont pas manqué l’occasion de reprocher à Anne Vignot un nombre d’adjoints trop important. Selon eux, la crise économique à venir aurait dû inciter à faire des économies dans le fonctionnement de la mairie. Ils insistent également sur le fait que depuis 2014, beaucoup de compétences ont été transférées à la Communauté Urbaine nécessitant moins d’adjoints à la Ville.

Abdel Ghezali, premier adjoint à la maire, en charge des sports, du handisport, des équipements sportifs – 48 ans, PS

Aline Chassagne. La sociologue du parti communiste âgée de 37 ans aura en charge la culture, le patrimoine historique et les équipements culturels

Gilles Spicher, aura en charge la santé et la prévention des risques. A 68 ans, il est membre du mouvement A gauche Citoyens !

Élise Aebischer, 26 ans en recherche d’emploi, s’occupera des ressources humaines, de la lutte contre les discriminations et de l’égalité femmes-hommes. Elle est adhérente du parti Génération.s

Anthony Poulin. A 30 ans ce responsable des partenariats à l’université de Franche-Comté sera chargé des finances, du développement durable et de la résilience. Il est membre de EELV et très proche d’Anne Vignot.

Carine Michel, membre du PS, 45 ans, aura en charge la vie associative et des quartiers

Kévin Bertagnoli, 29 ans, membre de Génération.s a en charge la démocratie participative et la participation citoyenne

Claudine Caulet. L’écologiste de 54 ans s’occupera de l’éducation et de la jeunesse

Benoît Cypriani. Le maître de conférence en médecine de 65 ans, membre d’EELV, sera chargé de la tranquillité publique, de la proximité, de la voirie-propreté

Sylvie Wanlin, aura en charge la solidarité, le CCAS et le handicap. A 59 ans, elle est membre du parti socialiste

Fabienne Brauchli. A 66 ans, cette éducatrice spécialisée, membre d’EELV aura en charge la transition écologique, les espaces verts et la biodiversité.

Annaïck Chauvet. La technicienne de laboratoire écologiste de 49 ans sera chargée de gérer la transition énergétique, des bâtiments, du parc automobile et logistique

Sadia Gharet. A 25 ans, cette étudiante en urbanisme affiliée au parti communiste aura en charge les relations internationales, l’Europe et la coopération décentralisée

Yannick Poujet  (44 ans –EELV) sera adjoint chargé du quartier de Planoise, Hasni Alem (25 ans –parti communiste) s’occupera du quartier de Palente-Orchamps-Clairs Soleils. Enfin, Damien Huguet (37 ans – EELV) aura en charge les “quartiers en veille”.

Les équilibres politiques, les parcours professionnels des nouveaux adjoints ressemblent à s’y méprendre à l’ancien monde. Il sera peut-être nécessaire d’ajuster la communication de la nouvelle équipe. La liste des adjoints avait été communiquée à la presse avant même leur élection, sans parler d’un communiqué de presse concernant un événement sportif de ce lundi, reçu de Grand Besançon Métropole le 3 juillet à 11h45 faisant état de la présence d’Anne Vignot – Maire de Besançon et Abdel Ghezali – 1er Adjoint. S’il n’y avait pas de surprise à attendre des élections d’hier, le respect des procédures demeure impératif.

On aura enfin noté l’étrange absence d’un adjoint au commerce, à l’artisanat dans un moment très compliqué pour les professionnels du centre-ville en particulier. Comme on notera l’absence d’un seul représentant des entreprises dans les 40 conseillers municipaux de la majorité.

Yves Quemeneur