Anne Vignot voudrait remettre en question la Cité des Savoirs et de l’Innovation

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Grande bibliothèque de Besançon
Ouverte sur le parc Chamars, la grande bibliothèque communautaire et universitaire "devait" voir le jour en 2025 ?©RSI Studio

Petit coup de tonnerre le 10 décembre lors du conseil municipal de Besançon. La Maire de Besançon envisage de mettre un point d’arrêt à la construction de la Grande Bibliothèque Communautaire de Besançon, pierre angulaire de la réhabilitation du pôle Saint-Jacques.

La question de Ludovic Fagaut n’était pas anodine. Des bruits de couloir faisaient état de la volonté du nouvel exécutif de suspendre la réalisation de la Grande Bibliothèque. Anne Vignot, “pour une fois” fera remarquer l’opposition, a confirmé vouloir remettre en question cet investissement qui devait illustrer le renouveau de Besançon pour cette décennie.

Un projet pourtant voté à l’unanimité le 16 décembre 2019

Même si la présentation du projet avait suscité de nombreuses réactions d’une partie de l’équipe en place autour de Jean-Louis Fousseret et particulièrement des écologistes et des communistes (climatisation du bâtiment, réchauffement climatique, amplitudes d’ouverture de la bibliothèque…), on sentait poindre une idéologie « décroissante » derrière les propos de ceux qui sont aux manettes depuis le mois de juillet 2020. Pourtant, le choix du Cabinet Pascale Guédot, en association avec l’agence d’architectes bisontine Amiot-Lombard a reçu l’assentiment de tous les élus de Grand Besançon Métropole le 16 décembre 2019. Il y avait une belle unanimité ce jour-là pour féliciter Jean-Louis Fousseret d’avoir su porter ce projet difficile.

Quelle culture et quelle attractivité touristique pour Besançon

L’opposition ne décolère pas. Grande Bibliothèque, ISBA, Citadelle, trois emblèmes de la culture et de l’attractivité de Besançon sont remis en question. Le pôle Saint-Jacques réconcilie l’histoire millénaire de Besançon et les technologies du XXIème siècle avec à son centre une bibliothèque publique et universitaire de tout premier plan. L’ISBA pourrait voir ses budgets de fonctionnement largement amputés par la nouvelle municipalité. En dehors des soubresauts administratifs et judiciaires actuels, l’ISBA est un institut de formation reconnu nationalement et dont le taux de réussite frôle les 100%. Enfin, concernant la Citadelle, si tous les élus saluent la nomination d’Alexandre Arnodo à la tête du premier site touristique de Franche-Comté, l’opposition s’étonne de n’avoir aucun projet sur l’avenir de la Citadelle, la Maire se contentant de dire “vous aurez l’information quand nous aurons travaillé avec le nouveau directeur”. Nous l’écrivions il y a un an “il ne faudrait pas qu’une nouvelle équipe municipale et communautaire la joue « petit bras » au nom de telle ou telle idéologie”.

2 millions d’euros de pénalités pour le projet Saint-Jacques

C’est le chiffre énoncé par une conseillère municipale d’opposition sur les pénalités dues par Grand Besançon Métropole (GBM) en cas d’arrêt du projet de Grande Bibliothèque. Le conseil communautaire de GBM du 17 décembre va-t-il obliger Anne Vignot à sortir du flou ?

On parle aussi en coulisses d’une baisse envisagée de la subvention au festival international de musique et de son prestigieux concours de chefs d’orchestre connu dans le monde entier. Besançon est une ville de culture et riche d’un patrimoine hérité d’un passé glorieux. Est-ce que la nouvelle équipe municipale bisontine veut tourner le dos à ce que disait André Malraux “La culture est ce qui a fait de l’Homme autre chose qu’un accident de la nature”.

Yves Quemeneur