Assemblée du Conseil départemental du Doubs sous le signe de l’émotion

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Un hommage vibrant a été rendu par Christine Bouquin à la mémoire de Georges Gruillot. Moment d'émotion en présence de son épouse, ses quatre enfants et douze petits enfants ©YQ

La présidente du Conseil départemental du Doubs, Christine Bouquin, a ouvert la session plénière de l’assemblée du 29 mars 2021 par un hommage long et appuyé à Georges Gruillot.

Le premier président de l’assemblée départementale élu après les premières lois de décentralisation a marqué d’une empreinte indélébile la vie politique du département.

Christine Bouquin résume bien, dans une phrase de Georges Pompidou, le portrait de Georges Gruillot décédé à l’âge de 89 ans “des politiques au sens vrai du terme, ceux pour qui les problèmes humains l’emportent sur tous les autres, ceux qui ont de ces problèmes une connaissance concrète, née d’un contact avec les hommes, non d’une analyse abstraite”.

Homme du terroir, des territoires, il était aussi à l’aise dans les comices du Haut-Doubs que sur les tapis feutrés du Sénat. Sa « grande gueule » faisait parfois trembler, conclut Christine Bouquin “comme toutes les personnalités fortes, il était connu pour ses éclats, ses colères mémorables mais toujours justifiées”.

Dans son propos introductif, la présidente du département a bien entendu également évoqué le départ de Paulette Guinchard “figure importante de notre territoire” qui fut à l’origine de la loi de 2001 sur la création de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), compétence confiée aux départements.

Insertion et Emploi, Enfance-jeunesse, Plan de relance : les dossiers soumis à l’approbation des élus ce 29 mars, portaient en eux les conséquences de la crise sanitaire qui n’en finit pas “Le Doubs va-t-il basculer à nouveau ? Pour le moment….vous le savez, nous faisons partie des 16 départements en vigilance renforcée”. Christine Bouquin est inquiète pour son territoire ; la solution est bien dans la vaccination massive.

Raphaël Krucien et l’opposition électorale

Nul ne sait encore si les élections cantonales vont se dérouler normalement ou non ; mais pour Raphaël Krucien chef de file de la minorité socialiste au conseil départemental, on fait comme si ! Dans son hommage à Paulette Guinchard, il pointe “son ultime acte militant en choisissant de mettre fin à ses jours en Suisse”.

Mais la Saline royale d’Arc-et-Senans reste le cheval de bataille de l’opposition départementale “Jusqu’à quand les vannes de la dépense départementale seront-elles grandes ouvertes pour ce projet élitiste”. Raphaël Krucien ajoute “le projet de développement de la Saline….profitera majoritairement à une riche clientèle, une élite internationale”. Aux manettes du département, l’opposition socialiste prônerait-elle un festival de street-art sur les murs ancestraux des grandes bernes ? “Nous subventionnons l’excellence internationale quand la culture sur le territoire se meurt” poursuit-il, parlant même d’indécence.

Rien ne trouve grâce dans les politiques de relance mises en œuvre par le département. Rien sur le désastre des massifs forestiers, sur l’approvisionnement en eau potable des populations ou l’amélioration thermique des bâtiments…Tout juste consent-il à se réjouir des travaux réalisés sur la véloroute ou encore le travail initié à Métabief pour développer les loisirs de plein air.

L’insertion, priorité du département

Voté à l’unanimité en décembre 2018, le Plan Départemental d’Insertion et d’Emploi (PDIE) devait tenir compte des effets de la crise sanitaire, économique et sociale. En décembre 2020, le nombre d’allocataires du RSA s’élève à 13 252, soit une augmentation de 9% par rapport à mars 2020. Le département note une augmentation des allocataires en particulier les jeunes et dans le même temps une durée d’allocation plus longue du fait des secteurs industriels ou commerciaux touchés par la crise (intérim, hôtellerie, restauration, transport, culture…). Il est à craindre que la situation continue à se dégrader en 2021. Le département a mis en place différents outils pour accompagner les publics en difficulté en s’appuyant sur les initiatives locales.

L’enfance et la jeunesse au centre de la politique sociale

Le département du Doubs avait déjà renforcé ses actions de prévention de l’enfance en 2020 en créant 34 places d’hébergement pour les enfants confrontés aux difficultés familiales. En 2021, il sera créé 40 nouvelles places d’accompagnement renforcé à domicile, portant à 80 familles accompagnées en deux ans pour un budget de 800 000 euros/an.

Pour les étudiants, apprentis et jeunes en insertion, le département accentue le fonds départemental d’aide aux jeunes. Déjà inscrit dans le plan d’urgence 2020 pour venir en aide à près de 200 jeunes, ce fonds est prolongé en 2021, portant son montant à 435 000 euros supplémentaires.

L’accès au logement est une étape importante pour les étudiants et les jeunes ménages. La Maison départementale de l’Habitat a assuré 500 consultations en direction des jeunes de moins de 30 ans. Cette année, la Maison de l’Habitat s’attache à informer les jeunes à partir de 17 ans.

Le département, compétent en matière d’aide sociale à l’enfance s’investit fortement dans les situations d’abus sexuels sur mineurs et plus largement de violences. Pour apporter sa contribution à la libération de la parole et au soulagement des victimes, le département du Doubs va doubler les interventions réalisées par les centres de planification et d’éducation familiale pour sensibiliser les jeunes aux problèmes des violences sexuelles. La formation des travailleurs sociaux sera renforcée de même que l’organisation d’un parcours d’accompagnement pour les adultes.

Enfin, et même si l’économie n’est pas de la compétence du département, les investissements en direction des collèges ou des routes contribuent à faire redémarrer la machine économique et à préparer les projets d’avenir.

Yves Quemeneur