Atmosphère de fin de règne à la Communauté Urbaine

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Besançon coeur de ville
Besançon au cœur de Grand Besançon Métropole DR

La séance du Conseil de Communauté de Grand Besançon Métropole le 7 novembre ressemblait fortement à une veillée funèbre.

A la tête de l’agglomération depuis bientôt 19 ans, Jean-Louis Fousseret voulait passer les rapports sans traîner. Beaucoup d’absents et le quorum a eu du mal à être atteint. Pourtant, peu de sujets faisaient polémique quoique !

Les dérogations au repos dominical

La loi dite « Macron » du 6 août 2015 autorise l’ouverture exceptionnelle des commerces à titre dérogatoire jusqu’à 12 dimanches par an. Il s’agissait donc d’autoriser les ouvertures du dimanche pour 2020 sur le territoire de Grand Besançon Métropole. La proposition soumise au vote portait sur 7 dimanches répartis dans le commerce de détail le premier dimanche des soldes d’hiver et celui des soldes d’été ainsi que les dimanches 29 novembre, 6, 13, 20 et 27 décembre 2020. Le secteur automobile a d’ores et déjà choisi 5 dimanches.

L’occasion était trop belle pour Anne Vignot et Christophe Lime de “fourbir” leurs premières armes de la campagne électorale. La tête de liste EELV de la gauche s’est emportée dans une longue diatribe sur les conséquences des ouvertures le dimanche pour les salariés les plus vulnérables et particulièrement les caissières qui ne peuvent pas, de son point de vue, être librement volontaires pour travailler le dimanche. Christophe Lime, son colistier communiste s’inquiète d’une politique nationale où les salariés seront bientôt obligés de travailler tous les dimanches de l’année, et pourquoi pas 24h/24 pour répondre aux besoins financiers des groupes de distribution. Le Président de la communauté urbaine a, quant à lui, souligné que les ouvertures ne concernaient que 7 dimanches et non pas 12 comme l’autorise la loi. Plus nuancé, Laurent Croizier chef de file et peut-être tête de liste du Modem a simplement souligné qu’il fallait, par ces mesures, lutter contre la concurrence du e-commerce, ouvert 24h/24 et 365 jours par an. La solution n’appartient elle pas aux consommateurs ?

Fusion des bailleurs sociaux bisontins

La loi ELAN impose qu’à compter du 1er janvier 2021, les bailleurs sociaux qui gèrent moins de 12 000 logements ont l’obligation de fusionner. Ce sera donc le cas pour Grand Besançon Habitat (GBH) et son parc de 6 000 logements, et la SAIEMB, société d’économie mixte qui gère 2 400 logements. Ce qui devait être une simple formalité pour se conformer à la loi et apporter un meilleur financement pour les logements sociaux de Besançon, a suscité quelques échanges musclés. “La France n’est pas ruinée” selon Christophe Lime qui craint que le logement social soit bientôt privatisé au travers de CDC Habitat et l’arrivée de nouveaux actionnaires dans cette banque publique. Michel Loyat (PS) a ajouté “Emmanuel Macron mène la même politique de logement social que Nicolas Sarkozy”. Pourtant, a voulu rappeler Jean-Louis Fousseret, le parc de logements sociaux est passé de 23 à 28%, permettant à Besançon de figurer au 1er rang des villes où le logement est le plus accessible.

La « Francigena », sujet de consensus

Dans le rapport de Pascal Curie sur le premier bilan du projet de territoire, le renforcement du Pôle métropolitain Centre-Franche-Comté permet aux différentes collectivités de parler d’une seule voix à la Région. La collaboration transfrontalière, particulièrement avec la ville de Lausanne, donne à Grand Besançon Métropole de nouveaux relais de croissance. Il est prévu d’utiliser la Francigena (chemin de pèlerinage à Rome) pour organiser un ultra-trail de 170 kms entre la capitale comtoise et celle du canton de Vaud, voilà au moins un sujet qui fait l’unanimité…chez les sportifs de haut niveau.

Le prochain Conseil de communauté se tiendra le 16 décembre prochain. Les programmes électoraux et les listes seront connus pour l’essentiel. Quel projet de territoire après les prochaines élections municipales ? Le Conseil de communauté gère les 68 communes. Il ne doit pas devenir une tribune politique !

Yves Quemeneur