Aux armes citoyens…ou pas

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La campagne très active menée par les opposants n'a pas suffi.

L’enjeu était important pour la Suisse dont le vote sur les armes aurait pu obliger le pays à quitter l’alliance des Etats Schengen et Dublin. Ce ne sera pas le cas, mais pour certains la pilule européenne est dure à avaler.

Il y a quelques jours 63,7% des votants ont accepté de durcir la réglementation helvétique sur les armes. Les partisans sont soulagés, alors que les opposants dénoncent une campagne biaisée. Dans les milieux du tir notamment, à l’origine du référendum, on a dénoncé et on continue depuis le vote à dénoncer une loi liberticide qui porterait atteinte aux compétitions de tir et aux manifestations populaires comme le tir en campagne.
« La loi rendra en effet plus difficile l’accès aux armes susceptibles de faire beaucoup de victimes. Elle interdira les armes semi-automatiques à épauler équipées d’un chargeur de grande capacité, 10 cartouches pour les pistolets et 20 cartouches pour les fusils. Les détenteurs d’une arme à feu passant dans la catégorie des armes interdites pourront se contenter d’une simple annonce à leur canton dans un délai de trois ans. L’acquisition d’une telle arme et son utilisation pour le tir sportif resteront possibles, sous réserve d’une autorisation exceptionnelle au lieu d’un permis d’acquisition. Les concernés devront en outre prouver, après cinq et dix ans qu’ils sont membres d’une société de tir ou pratiquent régulièrement le tir. En outre, le fusil ne sera pas classé dans la catégorie des armes prohibées lorsque son propriétaire décide de le garder à la fin de son service militaire. Il ne le sera que s’il est transmis à un héritier ou vendu. Berne a obtenu plusieurs dérogations de l’UE, notamment sur l’arme d’ordonnance ».

Si les opposants admettent un certain besoin de rester dans les accords européens de Schengen et Dublin, ils regrettent amèrement de voir la tradition suisse touchée. Mais loin d’être abattue pour autant.