Baptiste Pesenti, un rugbyman jurassien en bleu

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"Si des professionnels comme nous sont vus comme des exemples par les jeunes, il ne faut pas oublier qu’on a tous commencé dans une école de rugby avec des copains"

Après avoir fait ses premières armes au club de Saint-Claude, Baptiste Pesenti poursuit sa progression dans le monde de l’ovalie. Devenu professionnel, à 23 ans, il porte aussi fièrement le maillot bleu de l’équipe de France.

 

Comment avez-vous commencé le rugby ?

J’avais 8 ans et comme beaucoup j’ai suivi mon papa comme mes frères l’ont fait aussi. C’est à Saint-Claude que j’ai pris ma première licence et que j’ai appris le rugby jusqu’à l’âge de 15 ans. Là, un premier tournant s’est produit quand mon papa a souhaité m’amener à une semaine de détection organisée par le club de Montpellier. Ça a fonctionné et on m’a invité à intégrer une classe de sports études. Je suis resté là-bas pendant 4 ans jusqu’à l’âge de 19 ans.

Vous aviez atteint votre but ?

Certes j’étais fier d’évoluer dans un club comme celui-là mais j’étais encore loin d’être professionnel. C’était une première marche mais il en restait beaucoup à gravir avec beaucoup de travail à la clé. Je l’ai surtout vécu comme une opportunité pour progresser. Cette période a été vraiment bénéfique tant au niveau humain que sur le plan sportif.

De quoi voir la vie en bleu ?

En effet, dès l’âge de 18 ans, j’ai commencé à intégrer le groupe des moins de 18 ans de l’équipe de France puis le pôle France à Marcoussis ce qui m’a permis de disputer la coupe du Monde des moins de 20 ans en Géorgie. L’année 2016 a été une autre étape importante au niveau de mon évolution en club puisque j’ai rejoint Pau en tant que joueur professionnel ce qui m’a permis de continuer à progresser.

Un nouvel aboutissement ?

Ça se mérite. Il faut vraiment travailler durement et de façon régulière car la concurrence est très présente. J’ai donc été fier d’être appelé en début de saison contre l’Italie puis contre l’Angleterre pour jouer dans le stade mythique de Twickenham. C’est vraiment un moment unique où on mesure le chemin parcouru…

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui voudrait débuter le rugby ?

Ce qui est important pour un jeune aujourd’hui je pense, c’est qu’il prenne du plaisir. Aimer ce sport n’est pas l’essentiel, il est parfois ingrat : on se roule dans la boue, il fait froid… Le plus important c’est d’y aller pour retrouver les copains, prendre du plaisir ensemble. On dit que le rugby c’est l’école de la vie, moi j’y crois vraiment, si tu arrives à t’intégrer au rugby tu prendras facilement ta place dans la société. Il y a beaucoup de jeunes qui ont du mal à s’intégrer, notamment à cause de la méchanceté des autres enfants, si ces jeunes là prennent du plaisir au rugby avec des copains ça les aidera forcément pour la suite et ils ne se sentiront plus rejetés. Au rugby, on prend du plaisir ensemble et on accepte tout le monde. Si des professionnels comme nous sont vus comme des exemples par les jeunes, il ne faut pas oublier qu’on a tous commencé dans une école de rugby avec des copains

Chemin qui se poursuit avec un nouveau club…

On m’a donné l’opportunité de rejoindre le Racing 92 qui évolue au très haut niveau avec des objectifs élevés au niveau national et au niveau européen. Ça ne se refuse pas… le train ne passe qu’une fois ! J’y vais avec beaucoup d’envie sachant que c’est un club qui depuis des années est toujours dans le top 10. Les objectifs sont clairs : gagner des titres !

 

ENCADRE Avec les Bleus en Australie

Avant de retrouver les terrains d’entrainement et le championnat avec son nouveau club, Baptiste a été retenu pour participer à la tournée de l’équipe de France en Australie. Trois tests matchs face à l’une des meilleures équipes du monde avec à chaque fois un score très serré reflétant bien l’intensité des rencontres dont une s’est soldée par une victoire.