Besançon agit pour le climat – épisode 7

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Thermographie de la Boucle de Besançon identifiant les îlots de chaleur

Depuis un an, à la mairie de Besançon, on suit le climat au rythme d’une série télévisée. Saison 1, épisode 7, il s’agit dans cet épisode de lutter contre les îlots de chaleur.

Même si le dérèglement climatique est en partie responsable des températures extrêmes enregistrées ces jours derniers au Canada, il n’en est pas la cause unique. Malgré le sensationnalisme d’un communiqué de presse de la maire de Besançon sur les 49,5° enregistrés à Lytton dans l’Ouest canadien, cette température est le résultat d’une situation topographique particulière de ce territoire, au climat continental malgré sa proximité avec l’océan Pacifique. Il est donc un peu simple de transposer ces phénomènes extrêmes en France et d’en identifier les mêmes conséquences : vagues de chaleur, orages violents, sécheresses et inondations.

La réalité est probablement à mi-chemin entre les climato-sceptiques et les apôtres de l’évangile selon le GIEC. Pour autant, le devoir de la Ville de Besançon est d’agir et elle le fait. Le programme de la nouvelle majorité issue des urnes en 2020 prévoit d’investir 1 million d’euros par an pour lutter contre les îlots de chaleur.

Première étape, dès le mois d’août 2020, Besançon et Grand Besançon Métropole ont entrepris la réalisation d’une thermographie aérienne du territoire afin d’identifier les phénomènes de « surchauffe urbaine ». Cet outil scientifique est une aide performante à la décision pour l’exécutif municipal. Les îlots de chaleur sont ainsi identifiés de manière très fine, permettant de prioriser les travaux à mener sur les espaces publics et les bâtiments : utiliser des matériaux qui emmagasinent la chaleur, organiser les courants d’air sur le territoire urbain et analyser l’impact de la végétation sur les températures urbaines.

Dans son communiqué, la Maire de Besançon parle de l’adaptation nécessaire du territoire au changement climatique pour transformer la ville et diminuer les effets négatifs des canicules pour les bisontines et les bisontins. On ne peut pas dire que les écologistes bisontins changent d’avis comme de chemise…recyclée. A l’occasion de la construction du tram, ils s’étaient déjà fortement opposés à la suppression des platanes du quai Vieil-Picard “Outre le patrimoine biologique et urbanistique que constituent ces arbres, c’est un des paysages urbains emblématiques de la ville qui disparaît” (La feuille verte – Avril 2011)

L’écologie urbaine n’est pas une mode du XXIème siècle. A l’époque de Louis XIV, André Le Nôtre jardinier du roi, luttait déjà contre les îlots de chaleur dans le parc de Versailles. Entre les parterres à la française, les étendues d’eau et les fontaines, les frondaisons, le parc du « plus beau château du monde » est un exemple de l’environnement raisonné dans un territoire urbain. Et que dire des « jardins à l’anglaise » au fouillis complexe et organisé, capteurs de CO² à l’ombre du soleil. Les jardins « à la française » ou « à l’anglaise » sont écologiquement meilleurs que les « jardins écologistes » faits de palettes de bois, de vieux pots et de bâches en plastique… L’architecture paysagère ne s’invente pas sur une table de bistrot !

Si André Le Nôtre demeure, 400 ans après sa naissance, un modèle et une référence pour les concepteurs de jardins et les paysagistes, l’écologie politique du XXIème siècle s’inscrit également dans la même lignée, en imaginant l’environnement de demain. Le Roi-Soleil était écologiste avant l’heure.

Yves Quemeneur