Besançon “c’était la dernière séance”

529
Jean-Louis Fousseret
Dernier conseil municipal pour Jean-Louis Fousseret après une vingtaine d'années à la tête de l'exécutif bisontin ©YQ

A bientôt deux semaines du premier tour des élections municipales, Jean-Louis Fousseret présidait hier 27 février son dernier conseil municipal…séquence émotion.

“Le gamin de la butte, l’ancien de l’horlo” comme il aime se nommer, a tiré sa révérence après 178 conseils municipaux présidés depuis 2001. Élu aux côtés de Robert Schwint depuis 1983, maire depuis 2001, Jean-Louis Fousseret a aussi présidé 170 conseils communautaires entraînant l’agglomération bisontine vers une communauté urbaine de 200 000 habitants. “J’ai fait de Besançon une ville qui compte”.

“Vous me connaissez, je ne resterai pas inactif. Je suis disponible pour celles et ceux qui le souhaiteraient pour l’intérêt général”. Il conclut son propos, les larmes aux yeux, par un “Vive Besançon, capitale de la Franche-Comté” ! Cela a dû ravir Jean-Philippe Allenbach, le candidat régionaliste à la mairie. Le conseil municipal en entier ainsi qu’un public beaucoup plus nombreux qu’à l’habitude s’est levé pour applaudir pendant une longue minute celui qui ne sera plus maire de Besançon le 23 mars prochain.

Pour Jacques Grosperrin (LR) et chef de file de l’opposition municipale “moi aussi j’ai choisi de passer la main. C’est mon dernier conseil municipal. Je me souviendrai de Jean-Louis Fousseret, homme de convictions même si nous avons eu parfois des mots cinglants l’un envers l’autre”.

Philippe Mougin (RN) dit “avoir respecté l’homme et son abnégation à servir l’intérêt général”

Nicolas Bodin (PS) second de liste EELV-PC-PS “c’est une page qui se tourne, elle a été bien remplie. Enthousiaste, constant, exigeant, Jean-Louis Fousseret était impossible à berner. Vous aimez intensément les bisontins”.

Enfin, Eric Alauzet (LREM) s’en tiendra à un simple “salut républicain”.

De leur côté, les communistes et les Verts, pourtant associés à la gestion municipale autour de Jean-Louis Fousseret depuis 2001, n’auront aucun mot de remerciement pour le maire et les quelques 20 années passées à la tête de la ville et de l’agglomération.

La campagne municipale s’est invitée dans le débat sur les orientations budgétaires 2020

“Je laisse une ville en bonne santé financière” précise Jean-Louis Fousseret. Un niveau de désendettement de 4 années, une nouvelle capacité d’épargne, Besançon est bien gérée. Pour Anne Vignot, “il faut augmenter les dépenses vers l’humain et investir massivement dans la transition écologique. La dette est un artifice humain”. Eric Alauzet admet “une gestion sérieuse mais il y a des marges de manœuvre” ; quant à Laurent Croizier (Modem), proche d’Eric Alauzet et toujours conseiller municipal d’opposition “tout va bien pour les collectivités depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron en 2017”. C’est Christophe Lime (PCF) qui emporte l’adhésion des rieurs de la salle “En 2014, certains étaient encore socialistes, nous sommes toujours communistes”. Et Jean-Louis Fousseret de conclure “Il y a eu une bonne majorité parce qu’il y a eu un bon maire”.

A Besançon, le choix des électeurs est totalement ouvert. Il reste quinze jours aux unes et aux autres pour convaincre les indécis et les abstentionnistes dans un climat d’insécurité toujours plus grand. La guerre de territoire des petits caïds de Planoise risque de peser lourd dans les bulletins de vote.

Yves Quemeneur