Besançon confinée pour longtemps ?

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Grande bibliothèque de Besançon
Ouverte sur le parc Chamars, la grande bibliothèque communautaire et universitaire "devait" voir le jour en 2025 ?©RSI Studio

La probable annonce d’un couvre-feu préfigurant un nouveau confinement régional pour stopper la propagation du Covid-19 vient se télescoper avec le confinement économique et social que semble porter la Maire-Présidente de Grand Besançon Métropole.

Une majorité municipale malmenée

Les élus communistes de la capitale comtoise avaient déjà sonné une première charge en votant contre les déconstructions d’immeubles et la vente d’appartements à Planoise dans le cadre du NPRU (Nouveau Plan de Rénovation Urbaine).

A l’annonce d’une remise en question de la construction de la Grande Bibliothèque par Anne Vignot, les conseillers municipaux et communautaires PS ont clairement annoncé leur opposition à la Maire de Besançon, l’occasion aussi pour Nicolas Bodin chef de file des socialistes à la Mairie de faire un croche-pied à celle qui ne l’a pas soutenu lors des récentes sénatoriales.

Du pain béni pour l’opposition

Les nouvelles agressions à Planoise ont relancé le débat sur la sécurité. Pendant que Jean-Philippe Allenbach (les Régionalistes) demande la démission de Benoît Cypriani, Adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique, Ludovic Fagaut parle du laxisme de la Maire avant de lancer un nouveau scud sous la forme d’un communiqué de presse.

Non à l’abandon des grands projets pour le Grand Besançon !

Le communiqué des élus de « Besançon Maintenant » est explicite. “Ces dernières semaines, Madame VIGNOT a admis envisager l’abandon de deux grands projets pour le Grand Besançon : la future Grande Bibliothèque (sur le site de l’hôpital Saint-Jacques) et le plan d’aménagement de la RN 57 (L’Amitié à Beure)…pourtant inscrits dans le projet de territoire adopté à l’unanimité le 29 juin 2018 –dont Madame Vignot ! Ce double abandon serait terrible pour le Grand Besançon, qui prendrait un retard considérable vis-à-vis des autres territoires français. Il mettrait à mal notre université et notre attractivité économique. Ces incertitudes font que notre collectivité risque de passer à côté des mannes financières (Etat, Région, fonds européens) dont nous avons pourtant bien besoin. Abandonner ces deux projets structurants, c’est affaiblir durablement l’attractivité du Grand Besançon. C’est affaiblir notre territoire…”

Alors que Dijon et la Côte d’Or semblent (pour le moment) écartés du couvre-feu promis par Olivier Véran dès le 2 janvier, Besançon et son agglomération “prendrait le chemin de la décroissance” selon les termes de Ludovic Fagaut.

Le projet de territoire imaginé pour Besançon sous l’ère Fousseret était un souffle nouveau pour toute la métropole bisontine, garant d’un essor économique et d’une démographie dynamique. Il ne faudrait pas que la récente inscription de l’art horloger à Besançon au patrimoine mondial de l’Unesco ne soit pas mise à mal par une querelle entre « écologie positive et écologie punitive » qui priverait Besançon de sa liaison routière privilégiée avec le Haut-Doubs et la Suisse.

Yves Quemeneur