Besançon : débat citoyen avec Sibeth Ndiaye porte-parole du gouvernement

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Besançon visite Sibeth Ndiaye
2 heures d'échanges pour la secrétaire d'Etat et porte-parole du gouvernement le 13 février à la préfecture du Doubs ©YQ

Sibeth Ndiaye, secrétaire d’Etat auprès du premier ministre et porte-parole du gouvernement était dans le Doubs ce jeudi 13 février. Elle clôturait la journée par un débat citoyen devant 70 personnes dans les salons de la préfecture du Doubs.

Une chaise se casse

Hasard ou prémices d’un débat houleux, une chaise n’a pas résisté à l’arrivée de la ministre. Cela présageait des échanges animés. Violences policières, réforme des retraites et un système de santé à l’agonie ; aux questions souvent pertinentes, Sibeth Ndiaye a répondu clairement. Difficile de démonter celle qui fait le compte-rendu du conseil des ministres chaque semaine.

Une société de violences

Une jeune enseignante évoque la violence sociale qui traverse le pays, un gouvernement qui n’entend pas les attentes sociales et la violence climatique qui conduisent à une colère légitime des citoyens. Face à cette colère, le gouvernement ne répond que par les violences policières. “Nous ne sommes pas en dictature, ni même dans un Etat autocratique” répond la secrétaire d’Etat. “Il n’y a pas de violence d’Etat voulue et organisée. Les policiers et les gendarmes qui ont commis des fautes sont sanctionnés” Elle admet qu’après l’accumulation des insultes, les trop nombreux week-ends sur le terrain, certains “ont pu péter les plombs”.

La retraite des avocats au centre du débat sur les retraites

Frédéric Vuillaume, figure emblématique des gilets jaunes et délégué syndical FO à la Région, a dit son opposition à la réforme “Nous ne lâcherons rien” a répété celui qui a fait 6 gardes à vue en un an de manifestations. Il ne veut pas d’une réforme qui détruit les acquis sociaux du Conseil National de la Résistance et le « modèle social français ».

Mais ce sont les avocats du barreau de Besançon qui vont animer la soirée. “Nous avons un système qui marche, un système autonome qui assure une pension convenable à chaque avocat. Pourquoi vouloir mettre tout le monde sous la même toise” ? Sibeth Ndiaye a le verbe cash…“Pourquoi le gouvernement s’est mis dans cette putain de galère ? Quand on fait une réforme des retraites tous les 5 ans, c’est qu’il y a un problème”. Spécifiquement sur la retraite des avocats, la secrétaire d’Etat ne sait pas de quoi demain sera fait. Elle cite l’exemple des agriculteurs ou des mineurs dont les régimes de retraite étaient largement excédentaires. “Qui aurait imaginé il y a 40 ans que les agriculteurs passeraient de plusieurs millions à quelques centaines de milliers ? Ou que le métier de mineur disparaîtrait ? L’universalité de la retraite à points est justement là pour assurer une retraite à chacun sans préjuger de l’avenir de tel ou tel métier”. Le sujet est technique et chacun campe sur ses positions.

Entre annonces et réalité

Une assistante dentaire témoigne de l’incompréhension de nombreux patients sur “le reste à charge 0” pourtant annoncé au 1er janvier 2020 pour les prothèses dentaires. Réponse technique de la ministre “C’est la réalité depuis le 1er janvier 2020 pour les prothèses fixes. Ce sera effectif au 1er janvier 2021 pour les prothèses mobiles pour laisser le temps aux prothésistes et aux dentistes de trouver les bonnes solutions”. Elle en profite pour rappeler que les opticiens doivent proposer une gamme de lunettes et de verres « à charge zéro » depuis le 1er janvier 2020. “C’est aussi cela les gains en pouvoir d’achat pour le plus grand nombre”.

Comme une impossibilité de dialogue entre gouvernement et citoyens. D’un côté, des citoyens qui veulent bien que tout change mais… pour les autres, et de l’autre un gouvernement trop techno. Sibeth Ndiaye conclut la soirée en rappelant “nous voulions changer les comportements par une taxation écologique. Nous avons reculé”. C’est aussi la démonstration d’une classe politique et administrative qui ne connaît la vie en-dehors du périphérique que lorsqu’elle va manger des crevettes à Honfleur.

Yves Quemeneur