Besançon, la ville face au changement climatique

378
Anne Vignot a listé toutes les actions pour une ville résiliente face au changement climatique ©YQ

La canicule a incité la Maire Anne Vignot à accélérer la présentation de son plan de transition écologique. Elle avait invité la presse le mardi 11 août dans le parc Micaud, labellisé écojardin.

Pour la Maire écologiste de Besançon “le changement climatique est une injustice sociale”. Anne Vignot prône une ville « résiliente » où le problème climatique doit être traité dans sa globalité.

Un catalogue de bonnes intentions
La conférence de presse se déroulait à l’ombre des arbres centenaires du parc Micaud, labellisé “éco jardin” ©YQ

Les intentions sont bonnes, c’est une bonne chose ! La Maire veut penser la ville différemment. Elle cite pêle-mêle le droit de préemption de la Ville pour « éclaircir » la densité urbaine comme dans le quartier des Chaprais par exemple, une gestion plus écologique des parcs et des espaces verts. “La Ville doit garantir aux habitants plus de verdure”. “La canicule de ces derniers jours touche particulièrement les personnes vulnérables et les personnes âgées du fait de la mauvaise isolation des habitations. Les SDF sont aussi durement touchés par la chaleur de la ville” poursuit Anne Vignot.

Végétaliser la ville, une fausse bonne idée

“Il faut penser la vie au-dessous de la ville et pas seulement au-dessus”. Planter des arbres en ville, c’est une opération complexe explique la Maire. La mode du « tout minéral » implique de réinventer un sous-sol truffé de canalisations (eau et gaz), de câbles électriques, téléphoniques, de fibre… Pour qu’un arbre se développe, il lui faut une fosse importante pour son réseau racinaire, sinon il meurt. La Maire, qui fait preuve de pragmatisme et de bon sens, le dit “S’agissant par exemple de la place de la Révolution, nous allons faire un descriptif précis du sous-sol de cette place pour envisager ensuite un projet de végétalisation qui soit durable et tienne compte des besoins d’énergie et d’eau des habitants”.

Anne Vignot était entourée de quelques élus pour présenter “Besançon, la ville face au changement climatique” ©YQ
Maîtriser la ressource en eau

Anne Vignot a salué l’excellent travail de la Ville sur la gestion en régie de cette ressource essentielle. Si elle constate la bonne maîtrise de la ressource, elle n’a pas donné d’indication claire sur les investissements indispensables pour moderniser le réseau de distribution. 20% de la ressource en eau est perdu dans les fuites de canalisations.

De l’énergie de proximité

En collaboration avec VNF (Voies Navigables de France), Anne Vignot et son équipe souhaite développer des micros centrales hydrauliques sur le Doubs, augmenter la part des énergies renouvelables en proposant aux habitants une “épargne participative pour accompagner la transition vers des énergies décarbonées”.

Penser la ville différente

La crise sanitaire a démontré l’intérêt du télétravail. La maire de Besançon souhaite le développer pour diminuer la part des déplacements domicile-travail. “C’est une façon de repenser le commerce de proximité dans les villages et les centre bourgs” dit-elle. Pas sûr que ce soit du goût des commerçants de la Boucle. Augmenter les pistes cyclables en utilisant d’autres matériaux que le classique enrobé fait également partie des idées de la nouvelle municipalité. Anne Vignot réinvente la gestion des bois de proximité. Bois d’œuvre ou bois de chauffage, la Ville et la Métropole veulent s’approvisionner en proximité. Il y a 250 ans, la construction de la Saline Royale d’Arc-et-Senans répondait à ce besoin de bois de proximité avec la forêt de Chaux !

Une ville résiliente et anti-gaspi

Depuis quelques mois, tout est “résilience”. Chaque acte de la gestion publique doit être résilient et impliquer les habitants dans toutes les décisions. Bienvenue dans le monde des Bisounours ! Si Anne Vignot salue l’action menée (avec une entreprise privée) par le Lycée Saint-Jean pour réduire les déchets alimentaires dans la cantine de l’établissement scolaire, elle veut aussi que l’utilisation des bio-déchets se fasse au plus près des centrales de méthanisation. Elle cite enfin les composteurs installés dans les cimetières de Besançon. “Plutôt que d’avoir un compost issu de plantes renouvelées périodiquement chez les fleuristes, il conviendrait d’inciter les consommateurs à fleurir les tombes avec des plantes de proximité”. Là encore, pas sûr qu’une telle mesure ait l’agrément des fleuristes bisontins.

Il faisait chaud ce mardi 11 août près du kiosque à musique de Micaud. Anne Vignot est une Maire qui ne manque pas d’idées…trop peut-être ! Va-t-elle promettre la fin des périodes de canicule comme des périodes de grand froid ? Les saisons existent depuis l’origine du monde, attention de ne pas jouer aux apprentis sorciers !

Yves Quemeneur