Besançon le temps des vernissages

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Expo Jean-Charles Thoulouze
Ce tigre de jean-Charles Thoulouze est il si agressif ? ©YQ

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Après une journée « ville morte » le jeudi 5 décembre, Besançon s’est transformée en capitale de l’art le temps d’un week-end morose. Une bonne méthode pour retrouver des couleurs.

Le vernissage, un mot “tendance” pourtant ancien

Souvent identifié comme l’événement public au cours duquel un artiste présente ses œuvres en avant-première, il tire son nom d’une règle instaurée en 1809 en Angleterre. Les artistes avaient la possibilité de « vernir » leurs tableaux ou même y apporter quelques retouches de couleur un jour avant que l’exposition soit ouverte au public. Cet événement donna lieu à des scènes mémorables comme celle entre Constable et Turner en 1832, l’un et l’autre faisant assaut de couleurs ajoutées au dernier moment pour retenir l’attention des critiques et collectionneurs. On voit peu de peintres aujourd’hui tenant leur palette de couleurs ; ils tiennent plutôt une coupe de champagne en discutant avec critiques et amateurs.

Le vernissage a dépassé l’art de la peinture
Expo Philippe Dias
Etonnant portrait de Philippe Dias présenté à l’exposition éphémère de “Procédé 40 & Dias” à l’agence Big Bang ©YQ
Expo Philippe Dias
Regard d’humanité ©YQ

Jean-Charles Thoulouze et Philippe Dias avaient choisi l’agence Big Bang pour leur exposition éphémère “Procédé 41 & Dias” (vendredi 6 et samedi 7 décembre). Portraits des ethnies multicolores ou du règne animal transcendé, nous étions dans le cadre traditionnel du vernissage : on s’approche, on recule, on discute avec les artistes un verre à la main. On y découvre que le talent ne se cache pas !

Anniversaire Utinam
Philippe Lebru fêtait ce 6 décembre le premier anniversaire du paquebot du temps, ancré face au musée du même nom

Le même jour, un autre artiste fêtait le premier anniversaire d’une boutique hors normes mais pas hors du temps. Philippe Lebru, l’iconoclaste horloger, a posé ses brucelles et ses loupes d’horloger en face du musée du temps en décembre 2018. Premier gâteau d’anniversaire pour un étonnant barbu qui semble satisfait de cette première année qui méritait aussi un “vernissage”. Le temps est loin où le réinventeur de l’horlogerie bisontine travaillait seul dans un atelier prêté par la mairie dans les anciens locaux de la Rhodiaceta. Le « tout Besançon » y parlait comtoise, chronographe, phases de lune et quarts d’heures.

Les Bains
Les “Bains-Douches” deviennent “les Bains” rue Proudhon à Besançon

Et puisque l’art est aussi culinaire, Aldo Lisi et Raphaël Ducret “vernissaient” ce vendredi 6 décembre le nouveau « Bains » rue Proudhon à quelques pas de la rue Bersot. Après une expérience de restaurant gastronomique d’un peu plus de deux ans “les Bains-Douches” n’ont gardé que “les Bains” autour d’un concept plus cool, fait de cocktails, de plats de haute qualité moins sophistiqués, de musique, DJ’s et petit roof top. Le mariage de celui (Aldo Lisi) qui inventa le café Bohême et du Chef qui était aux fourneaux des Bains-Douches, va élargir le périmètre du quartier Bersot, désormais temple des soirées bisontines. Entre le “Bistrot rétro” et son accueil généreux, “Little Italy” ou le concept de “Gotham25”, les “Bains” méritaient un vernissage à la hauteur de l’enjeu.

“Et au milieu coule une rivière”. Besançon et sa boucle sont riches d’un patrimoine exceptionnel. La ville est riche de ses artistes, de ses habitants qui réinventent chaque jour la ville de demain.

Yves Quemeneur