Besançon : meeting “à l’ancienne” pour Anne Vignot

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Meeting Anne Vignot au Kursaal
Anne Vignot, Olivier Faure, Pierre Laurent, Sophie Taillé-Polian et Julien Bayou sur la scène du Kursaal le mercredi 4 mars 2020 pour le grand meeting électoral d'Anne Vignot ©YQ

Ça commence par “Hasta Siempre Commandante Che Guevara” pour chauffer les quelques 500 militants réunis au Kursaal le 4 mars. On est bien à gauche.  Les drapeaux du PS, du Parti communiste et d’EELV flottent dans un air de victoire électorale…meeting de l’ancien monde !

C’est Jo Gosset l’animateur du mouvement “A gauche citoyens” qui joue le Monsieur Loyal de la soirée. Après avoir fait applaudir Anne Vignot, il présente les invités parisiens de la soirée : Julien Bayou (Secrétaire national d’EELV), Sophie Taillé-Polian (Sénatrice Génération.s du Val de Marne), Pierre Laurent (Sénateur communiste et Ex-Secrétaire général du PCF) et Olivier Faure (Député et premier secrétaire du parti socialiste). Au premier rang, on reconnaît Marie-Guite Dufay, la présidente de région, Alain Fousseret (EELV et frère de l’autre), Martial Bourquin (sénateur PS du Doubs).

Meeting Anne Vignot au Kursaal
Pierre Laurent, Sénateur Communiste et Olivier Faure, Député et premier secrétaire du PS ©YQ

Après un petit lapsus qui aurait amusé Alexandra Cordier en parlant de “Faire ensemble” au lieu de “Faire équipe”, Julien Bayou parle de “désordre global installé par Emmanuel Macron : désordre social, écologique et démocratique”. Le jeune patron national des Verts en vient même à affirmer que le coronavirus est la conséquence de la prédation de la nature par l’Homme et d’une mondialisation financière effrénée. Il conclut son propos par un appel aux militants de la salle “prenez tous votre portable et appelez vos amis, votre famille, vos voisins par SMS, sur Messenger, twitter pour les convaincre de voter Anne Vignot”…L’opposant à la globalisation et aux GAFA se fait l’apôtre d’une campagne digitale !

Sophie Taillé-Polian évoque la politique nationale. Pour la sénatrice du Val de Marne, les candidats de la République en marche (Eric Alauzet) et des Républicains (Ludovic Fagaut) sont tous de droite. “Ils sont tous addicts à la baisse des dépenses publiques et à la régression sociale, nous devons au contraire augmenter la dépense publique”.
Pierre Laurent, pour le parti communiste, est sur la même ligne que sa collègue de Génération.s. Il parle d’une “démocratie violentée par Emmanuel Macron et sa majorité“.
Olivier Faure, premier secrétaire du parti socialiste “J’en appelle à Jean Jaurès, Léon Blum et François Mitterrand qui sont tous les trois passés au Kursaal de Besançon. Nous sommes dans une ville profondément attachée à sa culture de gauche. Il n’y a pas un seul choix entre Macron et Le Pen”.
Anne Vignot conclut la soirée en rappelant ses origines. Née dans une famille d’ouvriers à Tavaux “ma sensibilité écologique s’est forgée dès le plus jeune âge à l’ombre des cheminées de l’usine Solvay”. Géographe et chercheuse au CNRS, Anne Vignot se pose avec la rigueur scientifique. “Les scientifiques sont les lanceurs d’alerte d’une écologie politique”. Elle assassine au passage ses concurrents bisontins, devenus tous écolo-compatibles. “Claire Arnoux de la France Insoumise, Eric Alauzet de la République en Marche, Ludovic Fagaut des Républicains, ils cachent tous leur appartenance partisane sous le vert de l’écologie. La seule écologiste, c’est moi”. Sur les 84 pages de son programme, on retiendra dans son discours “ne pas augmenter les impôts locaux – à périmètre constant, faire de Besançon la ville de l’innovation écologique, ville moyenne à taille humaine, ville zéro carbone bien avant 2040”. Anne Vignot refuse le terme de décroissance. Elle veut faire de Besançon un laboratoire de la croissance verte.
Yves Quemeneur