Besançon, municipales 2020 : l’égalité femme-homme

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Débat 2020 Osez le féminisme
7 des 9 listes concourant à l'élection municipale de Besançon avaient répondu à l'invitation d'Osez le féminisme 25 : Lutte Ouvrière - liste Ensemble! - La France Insoumise - Bisontines, Bisontins - liste Besançon Maintenant - liste En Marche, Modem - liste EELV, PS, PC ©YQ

« Osez le féminisme 25 » avait convié le samedi 22 février tous les candidats à la mairie de Besançon à débattre de la place des femmes dans la société. Sept candidats sur neuf avaient répondu à l’invitation. (ne manquaient que les listes du Rassemblement national et des Régionalistes de Jean-Philippe Allenbach).

Quelle place dans la gouvernance de la cité

« Osez le féminisme » a posé la question d’une délégation « égalité femme-homme » au sein de la future équipe municipale. Pour Elise Baygin, co-listière d’Alexandra Cordier (liste Ensemble !), « il convient de conserver la délégation créée en 2014 en renforçant ses compétences transversales ». Myriam Lemercier, intervenant pour Ludovic Fagaut (liste Besançon maintenant) souhaite que le sujet soit confié à la première adjointe. « Elle aura la responsabilité de contrôler que l’égalité femme-homme est respecté dans toutes les délégations municipales ». Plus traditionnelle, la position d’Eric Alauzet (liste En Marche-Modem), « c’est l’adjointe en charge des solidarités qui en aura la charge ».

Pour Anne Vignot (liste EELV-PS-PC) « la collectivité doit être exemplaire. L’élu(e) en charge des ressources humaines aura la responsabilité des rapports femme-homme ». Karim Bouhassoun (liste Bisontines-bisontins), « la question ne se pose pas. C’est la compétence qui compte ». Enfin, la co-listière de Nicole Friess (liste Lutte Ouvrière) reporte la responsabilité sur un « système social ultra-capitaliste qui relègue les femmes. C’est le système qu’il faut changer ».

Eric Alauzet conclut sur le sujet en précisant « la parité est obligatoire au niveau communal. Ce n’est pas le cas dans le conseil communautaire où les maires sont souvent des hommes. Nous sommes loin de la parité, il faut y travailler ».

Les femmes dans l’espace public

Le sujet était vaste, depuis les équipements sportifs aux crèches en passant par les transports en commun et les cours de récréation.

Claire Arnoux (liste LFI) évoque « les petites filles reléguées sur les bords de la cour de récréation pendant que les garçons prennent tout l’espace pour jouer au ballon ». Elle poursuit « il existe des expérimentations de cours « non genrées » qui permettent de mieux équilibrer les activités ». Anne Vignot en vient à se demander « dès la crèche, il faut former les petits garçons à apprendre à respecter les femmes ».

Dans le sport, l’égalité est loin d’être respectée. Sébastien Masure (liste Ensemble !) évoque les gymnases « Les toilettes réservées aux femmes sont souvent dans un état déplorable » dit-il. Les toilettes publiques sont à rendre plus mixtes, par exemple s’agissant des tables à langer, systématiquement installées côté femmes.

Le déplacement est aussi au cœur des problèmes avec les voitures stationnées sur les trottoirs sans raison. Les parents (et souvent les femmes) avec les poussettes ne peuvent pas circuler librement. « Pour Alexandra Cordier, c’est tolérance zéro. Chaque véhicule sera verbalisé et enlevé » précise Elise Baygin.

La sécurité et le harcèlement de rue dans les transports en commun semblent faire consensus pour les sept candidats, à l’exception de la liste Lutte Ouvrière « la plus grande violence est la violence sociale organisée par le capitalisme ». Beaucoup enfoncent des portes ouvertes (numéro d’urgence, hébergement d’urgence pour les femmes battues…) tout cela existe déjà !

Au-delà des promesses d’annonces, c’est avant tout dans la sphère familiale que l’éducation et le respect doivent être appris. Comme le souligne Karim Bouhassoun (liste Bisontines, bisontins), « il n’est pas normal que des femmes souhaitant participer à des réunions politiques, soient obligées de raser les murs, de crainte d’être battues ».

 

Il y avait du monde à la brasserie Granvelle ce samedi 22 février. Beaucoup de femmes bien sûr et pas mal de « mâles » aussi. Et si chacun s’interrogeait sur sa responsabilité individuelle, plutôt que tout attendre de la sphère publique !

Yves Quemeneur