Besançon Municipales “les promesses n’engagent que ceux qui les croient”

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tram Besançon
Ginko s'adapte au coronavirus

Ce proverbe attribué à Jacques Chirac n’a jamais été autant d’actualité à quelques semaines des élections municipales de Besançon. Hebdo 25 Grand Besançon passe, en quelques mots, au crible quatre promesses de campagne au fil des 4 prochains jours : Transports, Fiscalité, Dette, Investissements.

Transports

Premier budget de Grand Besançon Métropole, ce n’est donc pas une compétence communale. Toute modification de tarification devra donc être votée par l’assemblée communautaire où siègent toutes les communes périphériques. Certains candidats(tes) promettent pourtant la gratuité ou une gratuité à géométrie variable. Qu’en est-il exactement ?

Les tarifs actuels de Ginko sont les suivants : Les personnes bénéficiaires de la CMU paient un abonnement mensuel de 19,50€ – les seniors bénéficient d’un tarif mensuel de 32€ (plus de 64 ans) – les personnes à mobilité réduite paient 31€/mois – les jeunes disposent de trois tarifications : gratuit pour les moins de 4 ans, 16,80€ de 4 à 17 ans et 28€ de 18 à 25 ans. Enfin, l’abonnement mensuel Sésame est fixé à 43,50€. Tarif brut puisque les salariés disposant d’un abonnement sont remboursés a minima de 50% du dit abonnement, quel que soit l’effectif de l’entreprise dans laquelle ils sont salariés.

Le budget transports de Grand Besançon Métropole quant à lui, est de 66,4 millions d’Euros (hors épargne brute) dont 51,8 millions d’Euros de dépenses de fonctionnement. Partie recettes, la billetterie représente 12,4 millions d’Euros.

La position des candidats

Opposé : Jacques Ricciardetti (Rassemblement national) est opposé à toute gratuité, considérant que ce qui est gratuit n’a pas de valeur et que le matériel en soit détérioré.

Favorables à la gratuité totale : Nicole Freiss (Lutte Ouvrière). Elle justifie sa position par la gratuité déjà appliquée dans certaines villes mais ne chiffre pas le budget – la liste conduite par Karim Bouhassoun (Bisontines, bisontins) propose une gratuité totale en 2026 précédée de la gratuité pour les moins de 26 ans et les seniors – Claire Arnoux (LFI) assure la gratuité totale sans condition de ressources (dès 2020 ??)

Favorable à une gratuité partielle : Alexandra Cordier (Ensemble !) opte pour la gratuité pour tous les enfants de moins de 11 ans – Ludovic Fagaut (Besançon maintenant) va un peu plus loin en garantissant la gratuité aux enfants jusqu’à l’entrée au lycée – Jean-Philippe Allenbach (les régionalistes) se contente de la gratuité le samedi (donc exclue des abonnements) – Eric Alauzet (En Marche) imagine la gratuité pour les seniors aux heures creuses (9h à 11h30 et 14h à 16h30). Il veut faire bénéficier les étudiants d’un demi-tarif (soit 21,75€ au lieu de 28€ sur les tarifs actuels). Il imagine également un tarif solidaire en fonction des revenus mais est-ce en plus du tarif CMU à 19,50€ ?

Anne Vignot (EELV-PS-PC) ne se prononce pas. “Je ne veux pas mentir aux bisontins” dit-elle. “Le sujet de la gratuité a un coût, il doit être évalué précisément”. Ce qui n’empêche pas la candidate écologiste de proposer de réduire le tarif étudiant, trop élevé comparé aux autres villes.

Petit post-scriptum.

Il est utile de préciser que les entreprises sont doublement contributives au budget des transports en commun bisontins. Le Versement transport de 1.8% de la masse salariale, représente la première recette du budget transports. Les entreprises bisontines versent 33,6 millions d’Euros par an. A cela s’ajoute la participation de 50% aux abonnements des salariés. Il ne faut pas oublier d’où vient l’argent !

Cette promesse, on le voit, n’est précisément chiffrée par aucune des listes. La suppression de tout ou partie des 12,4 millions d’Euros de recettes par an doit être compensée ailleurs sauf à augmenter les impôts locaux. Ce sera l’objet demain vendredi 21 février du deuxième volet des “promesses qui n’engagent que ceux qui les croient”.

Yves Quemeneur