Besançon. Quelle RN57 dans les programmes municipaux ?

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RN57 Beure - Amitié
Le nouveau tracé issu des deux concertations - DREAL BFC

La DREAL Bourgogne Franche-Comté vient de publier le dossier sur la seconde phase de concertation de l’aménagement de la RN57 entre les tours de l’Amitié et Beure. Un dossier à lire en détail sur le http://www.bourgogne-franche-comte.developpement-durable.gouv.fr/bilan-de-la-2eme-phase-de-concertation-publique-a8433.html

Cette concertation a eu lieu du 8 octobre au 15 novembre 2019 et faisait suite à une première concertation en octobre et novembre 2017. Les utilisateurs, les acteurs, les collectivités, les associations et les habitants avaient fait part de remarques qui ont été largement prises en compte dans le projet modifié et présenté le 5 novembre 2019.

Un large consensus sur l’aménagement en 2×2 voies

Certains s’interrogent sur l’opportunité d’un aménagement routier qui ne correspond pas aux enjeux actuels en matière de lutte contre le changement climatique, la protection de l’environnement et de la santé. Ils ne craignent pas d’inscrire la communauté urbaine de Besançon dans “une logique de décroissance et de transition et de changement des modes de vie”. Les opposants “politiques” à cet aménagement routier veulent donner la priorité aux transports collectifs et à la mobilité douce. Toutefois, une large majorité des contributions approuve l’élargissement à 2×2 voies d’un axe “lourdement impacté par les bouchons et l’allongement des temps de trajet”. Il est également noté que la RN57 est une route de longue distance d’importance européenne. C’est aussi un axe structurant pour les liaisons entre le Plateau, le Haut-Doubs, la Suisse et Besançon.

Dans une période électorale où tous les candidats parlent de “l’attractivité de Besançon”, le maillon manquant de la rocade bisontine est un enjeu majeur.

Mais aussi un consensus sur les transports en commun et les modes doux

“L’automobile ne doit pas être la seule bénéficiaire du projet”. Pour la DREAL, ce souci est bien pris en compte. D’une part, un aménagement cyclable et sécurisé est prévu sur l’ensemble du trajet depuis la véloroute jusqu’à Saint-Ferjeux. D’autre part, la meilleure fluidité du trafic permettra une réduction des temps de trajet sur les lignes de bus, incitant les voyageurs à utiliser les transports en commun. Enfin, les résidents sur les voiries urbaines secondaires retrouveront un environnement plus calme.

Coût et financement

Au stade des études actuelles, le coût global de l’aménagement est estimé entre 100 et 120 millions d’euros. Il inclut 5 ronds-points à créer, 5 ponts à construire et les 3 kilomètres de voiries nouvelles ainsi que “l’autoroute cyclable” sur l’ensemble du parcours concerné. Les opposants évoquent “un gaspillage d’argent public”. Il reste des interrogations sur le financement du projet qui devra faire l’objet d’une contractualisation entre l’Etat, la Région et les collectivités en 2022. Il apparaît clairement que l’absence de volonté politique forte au niveau local pourrait remettre en question ce financement. Les candidates et candidats à la mairie de Besançon et à la présidence de Grand Besançon Métropole devraient prendre un engagement formel sur la réalisation ou l’abandon de cet axe structurant pour la capitale comtoise.

Cette seconde et dernière phase de concertation avant l’établissement de l’enquête d’utilité publique (2021) a donné satisfaction aux riverains et utilisateurs sur les améliorations demandées en 2017. Les travaux pourraient démarrer en 2022…mais ce contournement indispensable pour l’attractivité économique de la ville et pour ses habitants date d’une trentaine d’années. Il appartient aux électeurs de Besançon que leurs futurs élus en accélèrent le chantier ou bien… l’abandonnent.

Yves Quemeneur