Besançon, ville amie des enfants…et des migrants

Convention avec l’UNICEF pour les enfants, convention avec l’Etat pour l’accueil des migrants : c’était le menu du conseil  municipal de Besançon du 4 novembre.

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Anne Vignot entourée d'Aline Chassagne Adjointe à la culture et d'Abdel Ghezali 1er Adjoint à l'ouverture de la séance du conseil municipal du 4 novembre 2021 ©YQ

Convention avec l’UNICEF pour les enfants, convention avec l’Etat pour l’accueil des migrants : c’était le menu du conseil  municipal de Besançon du 4 novembre.

Après les propos liminaires convenus autour de la « solidarité au cœur de nos politiques » pour Anne Vignot et « d’une catastrophe annoncée avec le retrait du groupe Vinci de l’opération Saint Jacques » selon les membres de l’opposition, la Maire a annoncé le départ de Jonathan Debauve, son directeur de cabinet « Il a assuré pendant ces 16 premiers mois de mandat un excellent travail »  propos partagé par l’opposition.

La passe d’armes habituelle a opposé Laurent Croizier (LREM-Modem) à Christophe Lime (PCF) sur les moyens de la police municipale, le premier souhaitant plus d’agents mieux rémunérés, le second parlant  de « Laurent Croizier, le monsieur + de dépenses et le monsieur – de recettes ».

Besançon, Ville amie des enfants pour la période 2020/2026

Pascale Billerey (A gauche Citoyens), conseillère municipale déléguée au Projet éducatif de territoire et Besançon ville amie des enfants, a présenté au vote le renouvellement du titre « Ville amie des enfants » octroyé par l’UNICEF.

La Ville de Besançon est partenaire d’UNICEF France depuis 2005. La dernière convention signée en 2016 avec l’Organisation des Nations Unies pour la protection et les droits des enfants est arrivée à échéance. La capitale comtoise souhaitait poursuivre ce partenariat et UNICEF France a validé sa candidature pour la période 2020/2026 autour de cinq engagements forts de la ville en direction des enfants.

Assurer le bien-être de chaque enfant et accompagner son épanouissement, son respect et son individualité

Comment accompagner l’école à aborder les thématiques éco-citoyennes (alimentation, biodiversité, climat, déchets, eau, énergie, santé, solidarité…). « Eco-école » repose sur la mobilisation de tous les acteurs d’un établissement scolaire (élèves, enseignants, direction et personnels administratifs et techniques) pour la mise en œuvre concrète du développement durable. « L’alimentation des enfants est un objectif important » a souligné Pascale Billerey qui ajoute « il y a des enfants qui meurent de faim en France » !

Affirmer la volonté de lutter contre l’exclusion et toute forme de discrimination

La principale action consiste à aménager les cours d’école. Pascale Billerey rappelle les engagements de la Maire « qui consiste à dégenrer les espaces et permettre l’accès de tous les lieux aux garçons comme aux filles ». Laurent Croizier parle de « positions radicales et idéologiques de la Maire sur la mixité et les genres dans l’éducation des enfants ».  Quant à Marie Lambert (LR), elle revient sur « la restauration scolaire, facteur d’exclusion pour les familles en difficulté ». Si Claudine Collet l’adjointe en charge des écoles, concède encore 290 enfants refusés dans les cantines, elle souligne une amélioration de l’accueil depuis plusieurs années. Repenser et réinventer les cours d’école consiste, selon Pascale Billerey, « à développer la biodiversité dans les espaces extérieurs scolaires, diminuer la pollution et lutter contre les îlots de chaleur. Les cours d’école doivent bénéficier aux élèves et pourquoi pas, aux habitants du quartier ». C’est le sens qui a été donné au projet initié pendant la précédente mandature sur l’aménagement de l’école Brossolette.

Proposer un parcours éducatif de qualité à chaque enfant

La municipalité propose une déclinaison du projet éducatif de territoire afin d’établir un diagnostic par quartier sur la parentalité, la réussite éducative, l’égalité filles-garçons (lutte contre le harcèlement à l’école) et sur l’accueil des enfants à besoin particulier (le handicap bien sûr mais également les enfants en décrochage).

Découpée en 9 secteurs, le parcours éducatif est confié à un binôme qui en assure l’animation sur chaque secteur en s’appuyant sur les associations et maisons de quartiers.

Nouer un partenariat fort avec l’UNICEF pour accompagner les actions de sensibilisation et des respects des droits de l’enfant.

En lien avec le comité territorial de Franche-Comté de l’UNICEF, la municipalité de Besançon s’engage à promouvoir les appels d’urgence (119), à relayer les actions de l’UNICEF, à former les agents et les acteurs éducatifs aux droits de l’enfant.

Ce rapport important pour l’avenir des enfants a été voté à l’unanimité des conseillers municipaux.

Contrat Territorial d’Accueil et d’Intégration des Réfugiés (CTAIR)

Autre sujet à polémique de ce conseil municipal : la contribution de la Ville de Besançon à un accueil digne des étrangers, soit de demandeurs d’asile (au titre de la Convention de Genève de 1951), soit de primo-arrivants en situation régulière (immigration économique ou regroupement familial en particulier) et qui bénéficient d’un Contrat d’Intégration Républicaine (CIR). Présenté par Philippe Cremer (Génération.s), conseiller municipal délégué à l’accueil des sans-abris et l’accompagnement des migrants, ce contrat vise à mettre en œuvre des actions concrètes à l’attention des personnes bénéficiaires de la protection internationale et à répondre aux besoins identifiés en matière d’accès aux soins, au logement, à l’apprentissage de la langue française et à l’emploi.

Cinq priorités ont été identifiées par les associations et les opérateurs intervenant dans le domaine de l’accueil et l’accompagnement des étrangers. La prise en charge de la santé mentale dans le parcours de santé des migrants « C’est particulièrement vrai dans le cas des réfugiés afghans que la Ville de Besançon a accueilli après des psycho-traumatismes liés à leur départ précipité d’Afghanistan » a souligné Anne Vignot. Seconde priorité, faire participer les jeunes et les enfants à la vie de la cité. Le logement est une autre priorité pour un accueil digne des réfugiés et des primo-arrivants ainsi que l’accès facilité à la culture et à l’apprentissage de la langue française. Enfin, les différents services de la Ville s’engagent à faciliter l’insertion professionnelle des étrangers en situation régulière, en particulier dans les filières qui manquent de main d’œuvre.  Ces contrats sont dotés d’une première enveloppe de 150 000 € pour la première année et ont vocation à être pérennisé pour une meilleure intégration.

« Complémentaire du CIR, ce contrat a vocation à pérenniser l’intégration des primo-arrivants » confirme Guillaume Germain, le directeur territorial de l’OFII joint par téléphone. « Le contrat d’intégration républicaine s’attache principalement à l’apprentissage de la langue et l’adhésion aux valeurs républicaines sur la première année. La convention signée avec la Ville de Besançon utilise les compétences de la collectivité pour mieux les intégrer sur une durée plus longue » complète-t-il.

Les 38 autres rapports soumis au vote de ce conseil municipal tenu au milieu des vacances scolaires a donné lieu à bien peu de joutes verbales si ce n’est sur la congestion automobile et les transports en commun bondés autour du pôle Viotte et de l’éventuelle construction d’une nouvelle école à Planoise. Rarement, un conseil municipal bisontin se sera conclu en moins de 3 heures.

Yves Quemeneur