Budget 2021 : l’identité écologiste de Besançon

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Le conseil municipal du 18 février 2021 a été le véritable acte de naissance de l’exécutif écologiste élu en juillet dernier.

Dans la présentation de ses orientations budgétaires 2021, Anne Vignot parle « d’une ville tournée vers l’avenir, une ville résiliente, solidaire, éducative, citoyenne, pour bâtir la cité du vivant et du bien-vivre ensemble ». Le discours où pointe l’idéologie décroissante, ne semble pas en phase avec le constat des besoins sociaux nécessitant plus de croissance économique, facteur essentiel d’un emploi et d’un pouvoir d’achat à l’arrêt depuis plusieurs années.

Dans son propos introductif au conseil municipal, la Maire de Besançon rappelle la condamnation de l’Etat pour carence dans ses engagements climatiques alors que « Les arbres dépérissent et les canicules sont de plus en plus fréquentes »

198 millions d’euros quand même

Avec le budget de Grand Besançon Métropole, c’est plus de 500 millions d’euros qui sont dépensés pour les 194 382 habitants de la métropole comtoise, soit 2 572€ par habitant…une paille !

L’équipe autour d’Anne Vignot impose sa marque avec « un plan massif d’investissement climat-solidarité » à hauteur de 10 millions d’euros par an. Cet investissement d’ampleur va permettre la rénovation énergétique des écoles, des crèches et des bâtiments municipaux, améliorer les conditions de mobilité et augmenter le recours aux énergies renouvelables. Bon point pour l’exécutif bisontin si ces investissements font la part belle aux entreprises locales ou régionales, ce que semble confirmer Anthony Poulin, l’adjoint aux finances.

Pas d’augmentation des impôts en 2021

Malgré l’incertitude liée à la réforme des fiscalités locales, le nouvel exécutif assure ne pas augmenter les taux d’imposition en 2021. Bon point pour les bisontins même s’il n’y a pas d’engagement sur l’ensemble du mandat. On peut s’étonner que la Ville de Besançon ne salue pas la baisse des impôts de production qui amputent depuis trop longtemps la compétitivité des entreprises, n’y voyant « qu’un risque pour ses recettes ».

Bâtir une ville solidaire

« Solidarité vis-à-vis des habitants, des usagers, des personnels… ». La subvention d’équilibre au CCAS est augmentée de 1,5% (9,7 millions d’euros).  Face à la crise et dans le cadre du plan de relance, La Ville de Besançon acte un important signe de « soutien à l’économie » en portant le niveau d’investissement à 42 millions d’euros par an à compter de 2021, en précisant toutefois que cette manne budgétaire couvre également l’aide aux associations, au sport, à la culture. Il est vrai que la compétence économique est du domaine de la Métropole.

Plus de flou dans l’aide aux associations et clubs sportifs durement impactés par la crise de la Covid-19. Ils ont effectivement reçu en décembre dernier des versements anticipés de subventions 2021. Comment vont-ils boucler leur budget cette année ? « Un accompagnement prolongé au cas par cas » est simplement évoqué.

Engagement ferme pour la biodiversité et le climat

6 millions d’euros vont être consacrés sur la durée du mandat pour lutter contre les ilots de chaleur, l’augmentation de 700K€ des tranches annuelles en faveurs de la transition écologique et climatique, la plantation de 500 à 1 000 arbres par an et…la rédaction d’une charte de l’arbre et de la forêt (ça fait penser à « l’arbre mort » du Maire écologiste de Bordeaux à propos du sapin de Noël).

Un budget qui « a du sens »

Il reste que ce probable budget primitif qui sera voté fin mars fait la part belle au fonctionnement qui capte 71,5% des dépenses contre 28,5% en investissement. A la décharge de l’exécutif actuel, la part d’investissement a progressé de 2,7% par rapport au budget primitif 2020.

L’opposition municipale a condamné pêle-mêle le manque d’ambition de ce budget, ironisé sur les « comités Théodule » créés pour tout et rien. Laurent Croizier (Modem-LREM) a également utilement souligné « je vois de la décroissance dans votre projet ; pour partager les richesses, il faut déjà les créer ». De fait, l’exécutif municipal n’évoque en rien l’attractivité économique de la Ville et son essor démographique comme l’a soulignée Claude Varet (Besançon Maintenant).

Beaucoup d’autosatisfaction et d’adjectifs emphatiques diront les opposants à la Maire. Beaucoup d’invectives inutiles leur répondent les membres de la majorité. Ces orientations budgétaires laissent de nombreuses incertitudes en particulier sur l’évolution des taux de fiscalité qui assurent quand même 53% du budget et sur l’endettement qui pourrait grimper dans les années à venir. Rendez-vous le 31 mars pour le vote du budget primitif… »J’invite l’opposition à faire des propositions pour l’améliorer d’ici là » a conclu Anne Vignot.

Yves Quemeneur