“Ce ne sont pas les gros qui sont trop gros mais les petits qui sont trop petits”

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Jean-Philippe Allenbach, le président du Mouvement de Franche-Comté, a décidément le sens de la formule.

Il répond à la tribune publiée le 31 janvier 2021 par plusieurs maires et élus écologistes qui veulent s’opposer à l’implantation d’entrepôts Amazon sur le territoire français. L’initiative portée par les élus EELV de la métropole rennaise parle de “chantage à l’emploi”. Anne Vignot, Maire-Présidente de Grand Besançon Métropole et Anthony Poulin son adjoint aux finances, sont signataires de cette tribune au ton radical.

“Les implantations d’Amazon en France sont un non-sens pour nos territoires” co-signe Anne Vignot. Les radicaux de l’écologie vont plus loin “les implantations massives, en France, de ces entreprises qui bénéficient d’avantages fiscaux considérables, et dissimulent leurs bénéfices en ayant recours aux paradis fiscaux, engendrent inévitablement une situation de concurrence déloyale d’autant plus importante vis-à-vis des commerces de proximité”. Les signataires ne craignent pas de parler de « paradis fiscaux » pour confondre « l’optimisation fiscale à l’intérieur de l’Union Européenne ».

“Amazon ne crée pas d’emploi : pour un emploi créé par ces plateformes, deux sont détruits dans les commerces de proximité”…et si c’était l’inverse ? La vente en ligne pourrait devenir un vrai relais de croissance pour le petit commerce. Les débuts sont difficiles et chaotiques mais « Teekers », plateforme de e-commerce bisontine est l’exemple d’un Amazon à taille humaine au service du commerce de proximité.

“Amazon sait se servir des impôts des autres. Les infrastructures routières nécessaires à son implantation…sont à la charge des impôts collectifs auxquels la multinationale échappe en partie. Amazon fait peser sa dette sur les collectivités publiques”. Si le géant américain profite effectivement des « trous dans la raquette » de la fiscalité mondiale, il est tout de même exagéré de prétendre que la dette d’Amazon est payée par les collectivités publiques françaises !

Enfin, Anne Vignot et les signataires de la tribune au vitriol ne craignent pas de “dénoncer plus globalement le développement anarchique des entreprises qui profitent des lacunes juridiques et des crises écologiques et sociales pour faire augmenter les dividendes de leurs actionnaires”. La Maire de Besançon fait le grand écart avec son discours pro-entreprises quand elle visite les fleurons industriels de la capitale comtoise.

Les élus locaux écologistes et de gauche concluent en s’opposant au développement d’Amazon en France. “Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher ces projets d’aboutir”.

“Tant pis pour les consommateurs”

Jean-Philippe Allenbach n’a pas tardé à réagir à la tribune des écologistes. Le trublion régionaliste rappelle que la Maire de Besançon avait déjà signé une tribune dans la presse nationale en novembre dernier pour réclamer une taxe spéciale à Amazon suite à l’augmentation des ventes en ligne liée à la pandémie. “Demande aussi stupide que  vouloir  taxer les vendeurs de ventilateurs quand ils profitent de la canicule” ironise Jean-Philippe Allenbach.

A la tête du mouvement pour l’indépendance de la Franche-Comté, Jean-Philippe Allenbach répond à Anne Vignot “le problème n’est pas tant celui d’Amazon qui serait trop fort mais celui du petit commerce qui serait trop faible car étranglé par des charges fiscales et sociales abusives, étouffé par des réglementations multiples et paralysé par les  lenteurs administratives et bureaucratiques”.

Finalement, l’une et l’autre défendent le commerce de proximité. Les commerçants leur en seront gré.

Yves Quemeneur