Christelle Carmillet, l’art de faire le clown

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Josiane et Marlo entendent bien donner le meilleur d'elles-mêmes pour vous faire rire.

Christelle Carmillet est une artiste pontissalienne qui manie le clown avec justesse, tendresse et bien sûr humour. Rencontre avec une comédienne hors-du-commun qui sait nous faire passer du rire aux larmes en un claquement de doigt.

Vous semblez parfaitement à l’aise sur scène. Y seriez-vous née ?
Absolument pas ! (rires) Je débarque d’un monde tout à fait normal. Quand je suis arrivée à Métabief en 1995, c’était pour être agent immobilier. J’avais 20 ans à l’époque et j’étais encore loin du monde de la scène, même si l’envie était déjà bien présente.

Votre nom n’est pas inconnu dans le monde de la confiserie. Je me trompe ?
Effectivement, on pourrait lier mon nom à Simplement Chocolat puisque je me suis associée à Denis Poix-Daude lors de la création du magasin, en 2002. Ça a été un formidable challenge et une belle aventure. Mais en 2013, j’ai revendu mes parts et rendu les clés de la boutique. J’avais envie et besoin de renouveau.

Qu’avez-vous fait par la suite ?
Eh bien, j’ai retenté l’immobilier mais rapidement, mes rêves d’enfant ont resurgi du passé. Je voulais monter un spectacle et j’ai eu le besoin impérieux de réaliser ce rêve. Je me suis donc inscrite à un cours de théâtre, auprès de la Sarbacane Théâtre, avec Jérôme Rousselet comme professeur. C’est ainsi que j’ai vraiment commencé et puis, j’ai effectué des stages de clowns, avec Corinne Bardot. Ce fut un véritable déclic, une folle révélation. Je venais de comprendre enfin ce que je voulais vraiment faire !

Quand on parle de clown, on pense grosses salopettes, chaussures démesurées et nez rouge …
Il existe deux sortes de clowns. Celui que vous dépeignez est le clown de cirque, qui vient entre deux numéros pour faire patienter le public le temps du changement de décor. Et il y a le clown de théâtre. Celui-là, on l’a en chacun de nous et le but est de le trouver et de le laisser s’exprimer. Ce n’est pas un exercice toujours facile. Beaucoup de personnes de mon entourage me disent que je dois me marrer tous les jours quand je répète. Eh bien croyez-moi, c’est pas toujours le cas !

Comment ça ?
Pour trouver son propre clown, il faut aller fouiller au plus profond de soi, faire ressortir des choses que l’on avait soigneusement enfouies, bien cachées, pendant de nombreuses années. Il sert à se moquer de ses propres faiblesses mais il exacerbe aussi nos forces.

Vous pouvez être plus précise ?
Par exemple, mon dernier spectacle “Crash Test” parle beaucoup du corps de la femme, de la vision qu’on en a, de ses propres complexes. Il s’agit de deux femmes, Josiane et Marlo, au corps loin de tout canon de beauté, qui ambitionnent d’aller danser à Las Vegas. Elles n’ont aucune honte et jouent de leurs formes. Mais franchement, ce n’est pas forcément évident de mettre en avant mes propres complexes, mes rondeurs, mes bras qui ballottent et mes cuisses qui frottent. J’ai dû franchir bien des barrières avant d’en arriver là.

Quels sont les retours des personnes qui vous voient sur scène ?
J’ai été assez surprise en fait. Maryline Rouiller, ma co-équipière, et moi-même avons reçu de nombreux témoignages de femmes qui nous ont remercié de leur avoir permis de s’accepter davantage, telles qu’elles sont et non telles qu’elles auraient voulu être. Elles disent être sorties du théâtre plus légères, plus décomplexées. Ce n’était pas le but premier du spectacle mais on est heureuses de ce résultat finalement. Si notre spectacle peut permettre à certaines de se sentir mieux dans leur peau, alors tant mieux !

Vous avez été bien entourées lors de la création de “Crash Test” !
Je le confirme ! Odile Rousselet, qui m’a déjà mise en scène pour mon premier spectacle “C’est pas facile” a remis le couvert ! Elle nous a suivies, coachées, dirigées, fait sortir de notre zone de confort … Bref, elle nous a poussées à donner le meilleur de nous-mêmes, même si parfois elle s’est heurtée à des refus de notre part. C’est l’avantage du clown, il ne dit pas « oui » à toutes les fantaisies du metteur en scène. Pour la danse, c’est Claire Vuillemin qui a pensé toutes les choré et qui nous a fait répéter. Elle a été incroyablement efficace et pédagogique. Quant aux visuels, ils ont tous été réalisés par Janine Schmutz. J’adore ce qu’elle fait ! Mais je ne vais pas le dire trop fort, elle va rougir. C’est que je la connais bien, ma maman !

Retrouvez l’actualité de Christelle Carmillet et Maryline Rouiller, alias Josiane et Marlo, sur la page facebook Compagnie Rouge Fraise Josiane Michel.