Christian Morel, vice-président de la Région Bourgogne Franche-Comté :

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"Le renouvellement des générations est une source d’inquiétude quand on sait que les actifs actuels ont pour plus de la moitié plus de 54 ans"

En charge de l’agriculture, de la viticulture et de l’agroalimentaire au sein de la collectivité et lui-même agriculteur, Christian Morel fait le point sur les différents dossiers qui vont occuper ce début de mandature.

Que représente l’agriculture dans la Région ?

La Bourgogne Franche-Comté est un territoire à fort ancrage agricole que ce soit par la surface dédiée, la population qui se consacre à cette activité ou le poids économique qu’elle représente.  Ainsi, la surface agricole utile couvre 2,56 millions d’hectares soit plus de la moitié du territoire et l’agriculture représente 4% de la valeur ajoutée régionale alors que la moyenne nationale est de 1,7%. On compte 51000 personnes qui travaillent de façon permanente dans les exploitations.

Concernant plus particulièrement le Doubs, il est le premier département producteur de lait. C’est aussi le seul où le cheptel de vaches laitières ne diminue pas. 38% des 1,59 milliards de litres produits dans la région proviennent des exploitations du Doubs

Quels sont les principaux dossiers qui vous préoccupent ?

La mise en place de la nouvelle PAC en 2023 est un dossier important qui intéresse directement la Région puisqu’à partir de cette date l’Etat va déléguer aux Régions la gestion de fonds européens stratégiques comme l’aide aux investissements agricoles ou la dotation aux jeunes agriculteurs. Une nouvelle inflexion environnementale sera aussi au programme.

Le renouvellement des générations est une source d’inquiétude quand on sait que plus de la moitié des actifs actuels ont plus de 54 ans. C’est d’autant plus préoccupant dans les zones d’élevage de vaches allaitantes. Nous devons donc être très vigilants face à cette situation pour assurer la pérennité de la profession. Cela passe par une meilleure rémunération des agriculteurs ce que la future PAC doit permettre d’assurer. Un autre outil possible est la création d’une marque régionale pour mieux valoriser les produits et donc assurer une meilleure rétribution.

Qu’en est-il des questions environnementales ?

La qualité de l’eau est une préoccupation pour laquelle les agriculteurs sont déjà mobilisés. Il y a un travail à mener conjointement entre la Région, les départements, la profession et les agences de l’eau pour mettre en place des solutions. L’eau est aussi dans tous les esprits quand on évoque les changements climatiques et notamment le réchauffement. Quand elle vient à manquer, le milieu agricole souffre. Des réflexions et des actions ont déjà été menées pour économiser l’eau sur les différents types d’exploitation mais aussi pour constituer des réserves. Il faut aller plus loin en la matière pour faire face comme nous l’avons inscrit dans le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADET) de Bourgogne Franche-Comté.

La crise sanitaire a-t-elle des conséquences ?

L’agriculture s’adapte depuis longtemps déjà aux attentes des consommateurs qui souhaitent aujourd’hui être acteurs en la matière. Leur attitude a donc évolué au fil des années et les agriculteurs ont du apporter des réponses en mettant en place des projets alimentaires territoriaux. Il a fallu trouver des outils pour développer les filières courtes et approvisionner par exemple les lycées, une volonté de la Région de soutenir l’agriculture locale.

Bio express

A 61 ans, Christian Morel connait particulièrement bien le monde agricole puisqu’il est lui-même installé depuis de nombreuses années à Saône dans le GAEC de la ferme de la vie de fer qui produit du lait et propose ses produits laitiers et épicerie fermière en vente directe.

Responsable à la Chambre d’Agriculture de Bourgogne-Franche Comté, le développement des circuits fait depuis longtemps partie de ses objectifs tout comme la défense des territoires et de l’environnement, valeurs qu’il a notamment défendues lors de la campagne de l’élection régionale et qui lui ont aussi permis d’être porté à la tête depuis quelques mois du Groupement de Promotion des Produits Régionaux.