Concours d’affiches sur les violences sexistes et sexuelles dans les collèges et lycées du Doubs

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ce qui paraît anodin est souvent une agression ©YQ

C’est à  l’initiative de Claire Keller, Substitute du Procureur de Besançon qu’une opération de sensibilisation a été organisée en novembre dernier dans les collèges et lycées du département.

Claire Keller, Substitute au Parquet de Besançon, est à l’origine de ce concours ©YQ

Cette ancienne enseignante devenue magistrate connaît bien l’environnement scolaire. Avec l’accord du Procureur et du Recteur d’académie, elle a sillonné les classes de 4° et 3° ainsi que les lycées pour faire réfléchir les adolescents sur les stéréotypes et les violences qui touchent plutôt les femmes.

1 000 élèves touchés pour cette opération
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25 établissements scolaires ont répondu présents au concours d’affiches en réalisant 300 œuvres en format A3. Le Parquet de Besançon a sélectionné 142 affiches réparties entre les collèges (43), les lycées (49) et des étudiants en BTS (49).

Pour Claire Keller, « il s’agit de créer des ponts entre l’Education Nationale et la Justice et impliquer les élèves aux violences sexistes et sexuelles ». On ressent dans certaines affiches sélectionnées autre chose qu’une fiction ou un amusement : victimes ou témoins, les dessins témoignent.

affiche criante de réalisme réalisée par des lycéens ©YQ

Les magistrats spécialisés dans les violences sexuelles et très souvent intrafamiliales sont alertés quotidiennement, conduisant à des procédures et la condamnation de conjoints violents.

Pour autant, si les abus sexuels sont des délits, voire des crimes, le sexisme existe depuis la nuit des temps, dans le règne animal et humain. C’est aussi dans les genres que l’on apprend les différences quelles qu’elles soient, et le respect mutuel. Comme l’exprime le dessin d’une jeune lycéenne « je ne suis pas un objet ».

« Nous ne sommes jamais assez attentifs au Droit »

Pour Jean-François Chanet, le recteur de l’Académie de Besançon, l’apprentissage du Droit et de son histoire devrait être enseigné dès le collège. Il souligne que « la jeunesse est en avance sur l’identité des genres ». Les magistrats ont trouvé dans cette expérience une façon de rencontrer les jeunes ailleurs que dans l’enceinte d’un tribunal.

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Les trois meilleurs dessins élus le 8 mars 2021

A l’occasion de la journée internationale du droit des femmes, le jury, composé des membres du tribunal judiciaire de Besançon, de l’Education Nationale, de la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse) et des associations partenaires, élira les 3 gagnants (collèges, lycées et BTS). Les affiches seront ensuite exposées dans la salle des pas perdus du tribunal. La Mairie de Besançon a souhaité également les diffuser largement.  Rendez-vous le 8 mars.

Yves Quemeneur