Conseil municipal agité à Besançon

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Son "jury d'examen" est loin... Anne Vignot garde son cap à la Mairie de Besançon " ©YQ

Si les 36 points à l’ordre du jour de la soirée ont été (presque tous) votés sans opposition, c’est la forme qui a prévalu sur le fond. Les bisontins apprécieront.

Le GEEC, point de discorde majeur

C’était une promesse d’Anne Vignot, candidate. La Maire met donc en œuvre ce “groupe d’étude sur l’environnement et le climat” composé d’une quinzaine de scientifiques de haut niveau qui devra rendre un rapport sur l’avenir des Vaîtes d’ici le mois de décembre 2020. L’idée, si elle n’est pas totalement saugrenue, énerve les élus de l’opposition. Ils ont appris par un communiqué de presse que la Maire a, seule, nommé à la présidence de ce groupe d’étude Hervé Richard un ancien collègue du CNRS et ami politique proche.

Celui qui faisait partie de son comité de soutien pendant la campagne électorale ne tarit pas d’éloges “C’est ce que j’admire chez elle…elle a gravi tous les échelons, les uns après les autres” rappelait Ludovic Fagaut. Avec Laurent Croizier (Modem), ils doutent de l’indépendance du GEEC, présidé par un proche d’Anne Vignot. Laurent Croizier enfonce le clou “votre GEEC est totalement discrédité, je vous demande solennellement de changer le président de cette instance qui n’est pas indépendante”. La Maire n’a pas répondu à l’injonction laissant à son adjoint Anthony Poulin le soin de répondre à l’opposition “Ce GEEC est une expérience unique en France., vous n’avez pas le droit de remettre en cause un scientifique mondialement reconnu et nous traiter de Khmers verts”. Les habitants des Vaîtes n’en demandent pas tant. Ils voudraient, comme le suggère Ludovic Fagaut “que l’arrêté municipal soit suivi d’effet”. Toujours sur le GEEC, Agnès Martin, fraîchement élue en remplacement d’Eric Alauzet qui avait préféré quitter un conseil qu’il voulait pourtant présider, pose la question du financement et des rétributions des membres du GEEC…pas de réponse de l’exécutif.

Autre sujet de discorde, la sécurité

Karima Rochdi (LREM) et Ludovic Fagaut (Besançon Maintenant) s’insurgent contre l’annonce de la Maire de s’attribuer le bénéfice des 38 policiers nationaux supplémentaires promis par l’Etat ! “Rendons à César ce qui est à César…et à Jean-Louis Fousseret son action auprès du ministère de l’Intérieur pour obtenir ces renforts indispensables à la sécurité des bisontins”. Ludovic Fagaut ajoute son incompréhension sur la décision de stopper le déploiement et l’entretien des caméras de vidéo-surveillance pourtant indispensables selon les policiers.

Anne Vignot ne s’est pas démontée, faisant voter ses 36 rapports et ne répondant pas aux questions. On aura noté le vote « contre » des élus communistes et Generation.s de la majorité, sur la vente de pavillons de Neolia et le début de la déconstruction de certains immeubles de Planoise. Une simple entorse à l’unité de la majorité ou un « signal faible » de tensions à venir entre amis ?

Yves Quemeneur