Conseil municipal de Besançon, le combat politique est moins frontal

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Depuis le mois de mars, les conseils municipaux ont pris leurs quartiers dans la grande salle des séances de la CCI du Doubs, mieux adaptée pour la distanciation imposée

Vendredi 9 octobre, nouvelle passe d’armes entre majorité et opposition. Les uns disent travailler, les autres disent n’avoir pas de réponses. La vérité serait-elle au milieu du gué ?

Ludovic Fagaut (Besançon Maintenant) envoie d’entrée une pique à la Maire, lui reprochant de ne pas saluer de façon républicaine l’élection des trois sénateurs (LR et Centristes) dans le département du Doubs. Le chef de file de l’opposition en profite pour vouloir « mettre un coin » dans l’unité de la majorité municipale “Madame Vignot, lors des sénatoriales vous n’avez pas soutenu Nicolas Bodin pourtant élu dans votre majorité. Celle-ci serait-elle entrain de vaciller ?”

L’opposition demande un débat sur la sécurité

Alors qu’Anne Vignot reproche à Ludovic Fagaut de ne pas respecter le nouveau règlement intérieur du Conseil municipal (pas encore voté…), celui-ci revient sur la position de la Maire en matière de vidéo-protection. “Les auteurs des récentes agressions au couteau dans le centre-ville ont, pour certains, été appréhendés grâce aux caméras de vidéo-protection”. Anne Vignot en profite pour souligner que les auteurs présumés ne sont pas issus de quartiers sensibles… ! Elle ajoute à l’intention de son opposition “Vous êtes plus experts en sécurité que la police nationale avec laquelle j’entretiens d’excellentes relations et nous construisons actuellement un travail précis, incluant l’avenir de la vidéo-surveillance”. Karima Rochdi (Lrem-Modem-Mei) parle de “stratégie d’esquive” de la Maire, lui reprochant son refus de déployer de nouvelles caméras “pour des raisons idéologiques”.

“Je me félicite de la baisse de la délinquance à Besançon et du nombre important de mises en garde à vue” veut conclure Anne Vignot sur le sujet, renvoyant à un conseil municipal du mois de décembre le vote sur la nouvelle convention entre police nationale et police municipale. “Je donnerai les chiffres précis de la délinquance très prochainement au cours d’une conférence de presse” poursuit Anne Vignot.

Une décision budgétaire modificative contestée

Dite “DM1”, le dispositif consiste à ajuster le budget 2020 à l’aune de l’actualité sanitaire et économique. Si il y a unanimité sur les dépenses supplémentaires en lien avec la Covid-19 (achats de masques, distributeurs de gel hydro alcoolique et autres produits désinfectants), l’opposition note une politique économique “en trompe l’oeil” et l’absence de mesures en direction des commerces et entreprises ayant des loyers autres que municipaux. On notera un lapsus révélateur lorsque Anne Vignot répond “nous ne sommes pas des chefs d’entreprise” admettant en creux le manque de diversité sociale de l’actuelle majorité. Logiquement, les deux groupes d’opposition ont voté contre la DM1 (soit 15 voix contre).

Permis ou interdiction de louer

Dans le cadre du dispositif gouvernemental « Cœur de Ville », la municipalité va lancer l’expertise de 520 logements dans la Boucle et Battant pour identifier les logements insalubres et le mal-logement. Anne Vignot et sa majorité souhaitent y ajouter la performance énergétique. Seraient ainsi exclus du droit de louer, les propriétaires de logements énergivores (classe F et G). Cette disposition n’est pas inscrite dans la réglementation nationale, une demande spécifique a donc été adressée à la ministre de la transition écologique. Les groupes d’opposition ont souligné le flou qui entoure la proposition (quelles rues sont concernées, quels types de logements, quelle relation avec l’architecte des monuments de France dans un secteur sauvegardé…) et les financements à disposition des propriétaires bailleurs. Ils s’étonnent également de “la punition” pour les propriétaires récalcitrants : 5 000€ pour la première infraction et 15 000€ en cas de récidive, sans cadre légal.

Quelques escarmouches autour des rapports d’activité 2019

Il appartenait au conseil municipal de prendre acte et voter les rapports d’activité de l’éco quartier Vauban, le pôle Viotte et le quartier des Vaites. C’était l’occasion rêvée pour l’opposition de prendre date sur le calendrier de réalisation Vauban en retard de deux ans, du problème des parkings au pôle Viotte (les accès par des voiries étroites et la dépollution du site Pomona) et de la suite à donner à l’épineux dossier des Vaites “le caillou dans la chaussure de la Maire” selon Ludovic Fagaut. Nicolas Bodin, ancien adjoint à l’urbanisme dans le précédent mandat, a tenté difficilement de donner des chiffres. La polémique a enflé autour du fameux GEEC, groupe d’experts pas encore formé et déjà contesté. Anne Vignot a conclu “sur le dossier des Vaites, je n’agirai pas pour faire exécuter l’arrêté municipal d’expulsion tant que le GEEC et la convention citoyenne ne se seront pas prononcés”…Ça laisse du temps aux zadistes de conforter l’occupation des lieux !

La forêt de Besançon en 2039

Besançon est la plus grande commune forestière de la région Bourgogne Franche-Comté. Plus de 2 000 hectares sont la propriété de la Ville : Chailluz bien entendu et aussi les massifs forestiers de toutes les collines qui protègent Besançon. Le Conseil de la forêt qui regroupe tous les partenaires au premier rang desquels l’Office National des Forêts (ONF) a proposé un document de prospective sur l’évolution d’une forêt fragilisée par le réchauffement climatique et des essences peu ou plus adaptées à l’environnement. Les critiques sur ce travail ont porté sur le calendrier qui semble bien lointain. Il reste que Besançon est une ville dont les forêts accueillent le public depuis une quarantaine d’années (clairières, zones de pique-nique, chemins de randonnée pédestres et cyclables). Cette richesse doit être renforcée ; là-dessus, le consensus est total…un point d’accord c’est bien dans un conseil municipal finalement apaisé !

Yves Quemeneur