Conseil municipal de Besançon, mode “déconfinement”

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Conseil municipal post déconfinement ©YQ

Jeudi 20 mai 2021, les membres du conseil municipal de Besançon se sont réunis…toujours masqués mais le regard sur le monde d’après.

Les élus, toutes tendances confondues, devraient se poser la question de l’intérêt de propos liminaires qui sont autant de tribunes politiques sans lien avec le quotidien des bisontins (forme neutre des habitantes et habitants de Besançon…)

Gilles Spicher, l’adjoint à l’hygiène et santé et représentant du collectif « A Gauche Citoyens » lance à la cantonade “nous ne sommes pas que des consommateurs”…va comprendre ! Karima Rochdi (LREM) lance une diatribe contre le conflit israélo-palestinien !  Anne Vignot la Maire vante l’intérêt de l’écriture inclusive sans oublier Aline Chassagne l’adjointe à la culture prête à en découdre avec le gouvernement sur le statut des intermittents du spectacle. Ludovic Fagaut (Besançon Maintenant) reste sur des positions plus « municipales » en reprochant à l’exécutif de ne pas s’occuper des incivilités et de la propreté de Besançon.

Les Prés de Vaux tournés vers l’Outdoor

Point important de ce conseil municipal, la Ville de Besançon s’est prononcé à l’unanimité sur l’engagement des premiers travaux sur le site de la Rhodiaceta. Il s’agit à l’horizon de l’été 2022 de créer un pôle sportif (nautique et outdoor) sur la friche de l’ancienne usine textile. Ne rêvons pas, le dessin d’architecte illustrant la « cathédrale », ce n’est pas pour demain. Pour certains, le chancre de cette friche industrielle va durer encore quelques années.

Concrètement, le projet déjà prévu par l’ancienne municipalité, comporte une première phase expliquée par Abdel Ghezali l’adjoint à la culture. “Il s’agit de permettre au SNB (le plus ancien club sportif bisontin) d’emménager dans de nouveaux locaux sur 1 850 m² comportant des hangars à bateaux, des salles d’entraînement, des vestiaires, douches et toilettes.  260 m² seront consacrés aux activités outdoor (trail notamment) avec des casiers individuels, des vestiaires et sanitaires pour les sportifs licenciés et la création d’une halte cycliste (atelier de réparation et d’entretien, stockage de vélos et bornes électriques de recharge pour les VAE). Enfin 440 m² permettront d’accueillir du public et des évènements avec sanitaires, salles de musculation et de préparation technique”.

La surface de 2 550 m² représente un investissement de 3 650 000€ financé par l’Etat, la Région, le département du Doubs, GBM et la Ville de Besançon.

Si l’opposition a voté le projet, Ludovic Fagaut a souligné l’importance de lier le site de la Rhodiaceta avec le cœur de ville et son attractivité commerciale et touristique. Plus « politique vintage » François Bousso (EELV), Hasni Alem (Parti communiste) et Olivier Grimaître (A Gauche Citoyens) rappellent l’histoire des luttes sociales dans les années 60 à la Rhodiaceta. “Nous devons conserver intacte la mémoire des luttes des travailleurs et travailleuses…” plus de 50 ans après les catastrophes industrielles qui ont abimé l’économie bisontine (Lip aussi).

 “Besançon agit pour le climat”

En 2012, la Ville de Besançon était la première collectivité française à recevoir le prestigieux label « Cit’ergie Gold » pour son action en matière de politique Air Energie et Climat. Le conseil municipal avait à se prononcer sur le renouvellement de ce label autour de plusieurs axes thématiques : l’amélioration des performances énergétiques en matière d’habitat, le développement des approvisionnements énergétique alternatifs comme le solaire, le bois énergie, la géothermie ou l’hydroélectricité, la maîtrise de l’énergie sur le patrimoine bâti de la collectivité, la lutte contre les îlots de chaleur par la végétalisation des cours d’écoles, des espaces sportifs et des places publiques, une mobilité moins carbonée en coopération avec GBM et enfin faire du développement durable à Besançon un atout majeur dans la vie quotidienne des habitants. Sur le fond, l’opposition partageait le souhait de voir à nouveau Besançon sur la plus haute marche de l’environnement européen ; sur la forme, ils se sont abstenus considérant les axes de travail “trop teintés d’idéologie”.

Accompagner la réouverture

Le conseil municipal a voté à l’unanimité la gratuité des musées de la Ville jusqu’au 31 août 2021 (Musée des Beaux-Arts et d’archéologie, musée du Temps, maison Victor Hugo) et sur des tarifs adaptés pour la Citadelle. Cette gratuité a été estimée à 172 000€ pour les recettes de la Ville de Besançon. “Il s’agit de redonner le goût à la culture” s’est félicité Anne Vignot.

Point de crispation sur l’exonération des droits de terrasses

Alors que l’exécutif souhaite la limiter au 30 juin, l’opposition, par un amendement déposé par Laurent Croizier (Modem), demande une échéance au 31 décembre. Anne Vignot n’a pas fermé la porte sur un éventuel prolongement en fonction du niveau de la reprise économique dans le secteur des bars et restaurants. “Nous pourrons éventuellement reconsidérer notre position en décembre, au moment de la seconde échéance”. Le vote a été unanime sur l’exonération des six premiers mois 2021. Si l’opposition a noté le manque de réactivité de la Mairie dans les décisions d’installations provisoires de vitabris et d’extension de terrasses, elle a salué une décision attendue par les professionnels.

La Pive, monnaie de combat politique

La Mairie propose d’étendre l’utilisation de la Pive (monnaie locale bisontine). On aura retenu l’intervention d’Aline Chassagne (PCF) élargissant le propos à l’écriture inclusive. Après une déclaration féministe, l’adjoint à la culture parle de l’écriture inclusive comme “le début d’une transformation sociale”.

Des animateurs périscolaires moins précaires

Pour simplifier la gestion des postes d’animateurs et améliorer leur attractivité, le conseil municipal propose de créer 282 postes d’animateurs périscolaires dans un statut de vacataires, catégorie C, à temps non complet et rémunérés sur 12 mois (et non 10) et pour des durées allant de 12 à 36 mois. Le surcoût est estimé à 300K€ compensé par un turn-over réduit et une meilleure professionnalisation des personnels. C’est aussi, pour les étudiants en particulier, l’assurance d’un emploi durable dans leur cursus de formation. “Bonne idée” votée à l’unanimité !

Un conseil municipal « post-déconfinement » où, à côté des postures, des décisions ont été prises pour le bienfait des bisontins (toujours cette forme neutre).

Yves Quemeneur