Conseil municipal de Besançon, tribune électorale !

612
Les nuages s'amoncellent à 4 mois des élections municipales à Besançon

Les élus de Besançon ne sont plus dans la gestion de la ville. “Les couteaux entre les dents”, beaucoup utilisent le conseil municipal pour une tribune politique, quitte à renier leurs anciens amis, quitte à trouver de nouveaux alliés.

La mare de la discorde 

Il y a quelques années, nous avions eu droit au pavé dans la mare qui avait largement fissuré la majorité. C’est maintenant une mare de 1,75m² qui bloque tout le projet des Vaites. A Besançon, on ne rase pas gratis selon l’expression consacrée…on rase vert !

Le conseil ronronne pendant une bonne heure avant de s’attaquer au morceau de choix. Il s’agit de faire le bilan du PLU (Plan Local d’Urbanisme) 2007-2019. Modifié 9 fois depuis l’origine, le maire fait un panégyrique de son action, réfutant le terme de « maire bétonneur ». Garant de la qualité des logements et soucieux de maintenir les zones naturelles, le maire est rapidement attaqué sur le dossier des Vaites. Anne Vignot, tête de liste du rassemblement de la gauche pour 2020 tente une pirouette “nous étions favorables au projet, on parlait d’habitat performant énergétique et écologique. Nous n’avons pas changé d’avis, c’est le projet qui a changé de nature”.

Nicolas Bodin, actuel adjoint chargé de l’urbanisme et co-listier d’Anne Vignot, tente un grand écart en justifiant le projet “C’est un projet écologique dans le sens où il va permettre à des habitants de revenir vivre en ville en utilisant les transports en commun”. Accusant ses anciens alliés, Anne Vignot note le recul sur l’objectif de « zéro artificialisation des sols ». Jean-Louis Fousseret lui répond aussitôt “les zones naturelles ont augmenté de 70 hectares en 12 ans”.

L’opposition boit du « petit lait »

“Sur le dossier des Vaites, je ne vais pas dire forcément que nous avons eu raison mais nous, on s’est toujours opposés à ce projet. La majorité encore actuelle manque de cohérence, ce n’est pas notre cas” lance Pascal Bonnet (LR).

Ironisant sur le blocage d’un projet de 32 hectares sur lesquels seuls 7 hectares sont construits, le maire tacle Anne Vignot sur son combat contre la sécheresse en parlant d’une mare de 1,75m² qui sème la discorde. “Il y a l’écologie qui protège et l’écologie qui punit. Moi, je suis pour l’écologie qui protège !”  conclut Jean-Louis Fousseret. Réponse d’Anthony Poulin, le jeune élu EELV “il y a simplement ce qui est l’écologie et ce qui ne l’est pas”. Le sujet risque d’enflammer les esprits dans la capitale de la biodiversité. Est-ce pour autant celui qui intéresse le plus les bisontins ?

Au secours Germinal

C’est Elsa Maillot, élue PCF qui lance les hostilités sur l’ouverture des magasins le dimanche. Régression sociale, esclavagisme, retour au XIXème siècle, les élus du Parti communiste vont jusqu’à imaginer une délibération d’un conseil municipal en…2024 qui limite la fermeture des magasins à 12 dimanches par an, exemple d’un libéralisme sauvage où les salariés sont les nouveaux esclaves du capitalisme financier. Les arguments ne manquent pas dans l’opposition et de la part du maire. Le e-commerce est ouvert 24h/24 365j/an. Il s’agit pour les tenants d’ouvertures dominicales limitées à 7/an de donner aux commerçants les moyens de lutter et de mettre les territoires à armes égales.

“Le conseil municipal ne doit pas être une tribune politique” avait tenté en vain Jean-Louis Fousseret. Les prochaines réunions risquent bien de se transformer en meetings électoraux.

Yves Quemeneur