Covid-19 : le pic de l’épidémie prévu autour du 15 et 16 novembre

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Anne Vignot la Maire de Besançon et Présidente du conseil de surveillance du CHU et Chantal Carroger Directrice générale du CHU étaient entourées des principaux chefs de service fortement engagés dans la lutte contre le virus ©YQ

Chantal Carroger la directrice générale du CHU de Besançon et Anne Vignot Maire de Besançon et Présidente du Conseil de surveillance du CHU faisaient le point le 10 novembre sur la situation de tension hospitalière sur le territoire bisontin.

48 patients en réanimation

Chantal Carroger avait activé le « plan blanc » dès le 22 octobre en prévision d’une seconde vague qui est arrivée plus rapidement et plus fortement. C’est donc un hôpital qui s’est réorganisé ces dernières semaines. Contrairement à la première vague épidémique du printemps, le centre hospitalier continue à gérer les patients non-Covid afin de ne pas subir des pertes de chance pour des malades hospitalisés pour d’autres pathologies.

Au 10 novembre, le CHU Jean-Minjoz compte 48 patients en réanimation pour 60 lits disponibles et 87 lits de médecine. Le nombre de ces lits peut être augmenté si le pic épidémique devait atteindre son niveau le plus pessimiste.  Le service des urgences a organisé un accueil « patients Covid » de 12 boxes, permettant ainsi un traitement différencié des patients arrivant aux urgences. Enfin toujours côté chiffres, on compte au total 100 patients Covid hospitalisés au CHU de Besançon (dont les 48 en réanimation).

Tout le monde a sa part de responsabilité

Pour Anne Vignot “l’actuelle pandémie a permis de mettre en lumière les carences de notre système de santé et nous devrons travailler à sa réforme en profondeur. La population doit s’engager encore plus fortement dans la lutte contre le virus en respectant strictement les gestes barrières. En tant que Maire, je veux être l’amplificateur des mesures de protection entre l’hôpital et la population”.

La Professeur Catherine Chirouze, Cheffe de service des maladies infectieuses et le Professeur Régis Aubry, Chef du pôle gériatrie au CHU Jean Minjoz de Besançon ©YQ

Pour Catherine Chirouze, Cheffe du service des maladies infectieuses “notre seule arme à ce jour est le respect des gestes barrières”. L’épidémiologiste poursuit “nous avons tiré les leçons de la première vague en augmentant les formations à destination de tous les soignants pour leur permettre de mieux prendre en charge les patients Covid”. Si l’arrivée prochaine d’un vaccin est une bonne nouvelle, Catherine Chirouze précise que “la messe n’est pas dite” !

De son côté, le Professeur Régis Aubry, chef du pôle gériatrie du CHU, demeure aussi prudent. “Nous devons faire preuve de beaucoup d’humilité, en particulier à l’égard des personnes vulnérables, âgées, que le virus fragilise encore plus”. Depuis cet été, une plateforme d’entraide entre les principaux centres hospitaliers de la région, géré par le docteur Séverine Koeberlé a permis de créer un “réseau de bon sens” reconnu nationalement. Pour le Professeur Aubry, “nous ne voulons pas être face à un pic insurmontable qui nous obligerait à trier les malades. Ce n’est pas parce que l’on ne peut pas traiter quelqu’un que l’on ne peut pas le soigner”. Lui aussi avertit : “le respect des gestes barrières est impératif”.

La Covid-19 reste une maladie grave
Le Professeur Emmanuel Samain, Chef du pôle Anesthésie -Réanimation chirurgicale et le Professeur Thibaut Desmettre, Chef du service Urgences -Samu – Réanimation médicale au CHU Jean Minjoz de Besançon ©YQ

Le Professeur Emmanuel Samain, Chef du pôle Anesthésie – Réanimation chirurgicale du CHU de Besançon, considère que le pourcentage de malades Covid développant des formes graves a diminué ; il reste quand même 10 à 15% des patients hospitalisés, en détresse respiratoire. “L’amélioration des techniques de respiration associées aux anticoagulants et corticoïdes ont permis de sortir plus rapidement les patients de réanimation et de sauver des vies. Il reste une tension importante sur les lits. 1 500 malades Covid sont hospitalisés actuellement dans la région Bourgogne Franche-Comté”. “Nous pourrons accueillir tous les patients” dit-il en ajoutant craindre le pic épidémique de la fin de semaine.

Des urgences mieux armées qu’au printemps

L’absence de tests, de masques au printemps ne permettaient pas à la médecine de ville de travailler normalement. Cette situation avait surchargé le centre 15 et les urgences hospitalières. Thibaut Desmettre, le chef de service Urgences – Samu – Réanimation médicale a noté une nette évolution dans la gestion des urgences. “Aujourd’hui, on peut tester et la médecine de ville libérale sait prendre en charge les patients présentant des symptômes Covid. Le centre 15 n’est plus débordé de conseils médicaux fournis par la médecine libérale”.

Si on peut s’étonner de « la relation qui reste difficile » entre les cliniques privées et l’hôpital, la totalité des services de soins est sur le pont pour gérer au mieux la pandémie. Les étudiants en médecine sont largement volontaires pour augmenter les effectifs et tous les soignants sont au taquet (on compte 10% d’arrêts maladie au CHU Minjoz).

En l’absence pour le moment de traitement et d’un vaccin, il faut répéter encore et encore que le respect strict des gestes barrières et la diminution de nos interactions sociales restent le meilleur, pour ne pas dire le seul moyen pour enrayer cette épidémie et retrouver le plaisir de vivre…et vivre ensemble !

Yves Quemeneur