Daniel Cassard va raccrocher son écharpe tricolore

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Daniel Cassard est maire de Belmont depuis 1983 et président de l'AMR depuis 2004.

L’emblématique présidents des maires ruraux du Doubs, élu de Belmont, ne se représentera pas. Retour sur une vie publique bien remplie sans oublier quelques conseils aux futurs premiers magistrats…

Né pendant la seconde guerre mondiale dans l’Isère, Daniel Cassard reviendra finalement à l’âge de 10 ans sur ses terres franc-comtoises qui lui sont chères. Concernant ses études, il se souvient des mots de son instituteur parlant de lui comme « l’échec de sa carrière malgré les capacités qu’il me prêtait » se souvient-il amusé. Qu’importe, après une classe de 3ème technique, il choisit l’apprentissage pour devenir mécanicien auto. A 19 ans, appelé sous les drapeaux, après son instruction militaire, il est envoyé en Algérie où il passera 11 mois. A son retour à la vie civile en août 1964, il entre dans la vie active et rejoint un garage à Besançon où il va passer 36 années et demi.

Marié en 1966, Daniel Cassard retrouve en 1973 ses racines familiales en établissant sa résidence secondaire à Belmont, le pays de Pergaud. « Nous nous y sommes finalement installée complètement en 1980 » se souvient-il.

Mais il n’a pas attendu pour s’y engager dans la vie communale puisqu’il devient conseiller dès 1977 « puis maire en 1983 ». Un mandat qu’il occupe toujours depuis, 37 ans plus tard…

Un maire au service des maires

Cet engagement local de maire dans un petit village va prendre un autre tournant en 2000 avec son entrée au bureau de l’association des maires ruraux (AMR). Il a alors 56 ans et choisit de prendre sa retraite pour se consacrer pleinement à la vie publique. Il est d’abord trésorier de l’association d’élus, puis président par intérim avant d’endosser pleinement la fonction en 2004.

« Comme pour mon engagement en tant que maire de Belmont, cette responsabilité au sein de l’AMR était naturelle. J’ai toujours aimé le contact humain et tout cela m’a permis de faire beaucoup de rencontres avec les habitants mais aussi avec les autres élus ou les représentants des administrations ». Daniel Cassard se souvient par exemple avoir côtoyé pas moins d’une quinzaine de Préfet dont il se souvient de chacun des noms… « avec plus ou moins d’atomes crochus avec les uns ou les autres » confesse-t-il. Tous ces interlocuteurs ne l’ont sans doute pas oublié eux non plus, l’homme étant connu pour son opiniâtreté à défendre les questions liées à la ruralité !

Il garde la foi malgré les difficultés

A l’heure de raccrocher l’écharpe après plus de quatre décennies au service de la collectivité, Daniel Cassard évoque l’évolution de la fonction de maire qui a occupé 37 années de ce parcours. « On est loin du triptyque d’autrefois dans les villages où maire, curé et instituteur avaient une certaine autorité. Concernant le premier magistrat, la fonction a évolué au fil des lois modifiant les compétences des communes éloignant ainsi les administrés des élus… ». un regret qui va de paire avec l’exercice même de la fonction : « le maire était autrefois comme le médecin de campagne, présent partout tout le temps sans répit ».

Une évolution à laquelle il a donc assisté avec plus ou moins d’amertume mais qui n’altère en rien sa haute estime pour la fonction, aujourd’hui comme hier. Tant pour les moments difficiles qu’il a vécu comme l’annonce des décès à des familles du village que pour les instants plus heureux qu’est la satisfaction de voir aboutir un dossier « par exemple la création de la maison Pergaud à Belmont ».

Un conseil aux futurs maires ? « Déjà, ne soyez pas découragés par les difficultés. Il faut savoir s’adapter et continuer à s’engager dans la vie publique ». D’ailleurs, il admet sans détour que s’il avait quelques années de moins, il serait à nouveau candidat « car la foi est encore là ».

En tout cas, nul doute qu’après mars 2020, Daniel Cassard continuera à être sollicité par bon nombre d’élus pour des conseils et avis, lui qui à l’aube d’une retraite bien mérité n’a aucun regret. Surtout pas celui de n’avoir été « que » maire. Un tel parcours aurait en effet pu le mener à être élu départemental voire même sénateur…». L’opportunité ne s’est jamais présentée et l’opportunisme n’a jamais été ma tasse de thé ». Ce qui résume parfaitement ce parcours exemplaire.