Daniel Rolet, président du district de foot

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Daniel Rolet, réélu à la présidence en novembre dernier, veut renforcer la proximité du district avec les clubs.

A la tête du district Doubs Territoire de Belfort, ce passionné au long parcours dans le monde du football attend avec impatience de pouvoir retrouver les stades et d’aller à la rencontre des clubs et de leurs bénévoles. Avec pas mal d’incertitudes et de questions en suspens.

Pouvez-vous nous rappeler le périmètre du district ?

Suite à la Loi Notre, l’Etat nous a imposé de ne faire qu’un district par département, donc le Doubs, et comme le Territoire-de-Belfort était déjà fusionné avec le pays de Montbéliard, nous sommes devenus le district du Doubs Territoire de Belfort. Ce qui représente 200 clubs actifs et 27000 licenciés

Comment s’est déroulée la saison dernière ?

Au moment du confinement en mars, nous avions terminé les matchs allers ce qui réglementairement nous a permis de figer la saison en appliquant à chaque équipe un quotient de points par match et donc d’établir des classements finaux. Les montées ont été accordées de façon normale mais compte tenu de la situation particulière, seule une équipe par groupe a été rétrogradée à l’échelon inférieur. Des décisions qui ont été prises par la Fédération Française de Football en concertation avec les Ligues et les Districts. Il était impossible de reprendre et de terminer la saison en cours en mai juin car le règlement impose la date butoir du 30 juin pour des raisons de mutations notamment. Il ne nous restait donc pas assez de temps. Le problème a été le même pour les championnats et pour les coupes.

La saison a pu reprendre après l’été…où en sommes-nous aujourd’hui ?

Les clubs avaient en effet repris les entraînements en août puis les premiers matchs de championnats ont eu lieu en septembre et octobre. Quand le deuxième confinement a été décidé, on avait pratiquement joué la moitié des matchs allers. Une situation bien différente de la saison dernière car si tous ces matchs n’ont pas eu lieu, on ne peut pas prendre la même décision que l’an dernier. Il faudrait pouvoir finir cette première phase. A ce jour on ne sait rien donc plusieurs scénarios ont été préparés. Tout dépend du moment où une reprise sera possible…

Ça vous semble encore possible ?

C’est difficile à envisager. Pour les seniors notamment, avec le couvre-feu, il est impossible de s’entraîner en soirée comme d’habitude or c’est indispensable avant de reprendre la compétition. Il nous faudrait douze week-ends pour terminer l’exercice en cours et pouvoir établir des classements. Sinon, la saison sera déclarée blanche donc la suivante redémarrerait avec les mêmes groupes qu’en septembre dernier sans descentes ni montées. Une des conséquences est financière : les clubs ont payé leur engagement, environ 140000€ au total. Ce sera difficile de leur demander à nouveau un paiement donc le district devra trouver une solution…on attend les décisions du futur président de la fédération

Comment voyez-vous l’avenir de votre sport ?

Je ne suis pas très optimiste pour le monde d’après dans le foot amateur. Déjà, avec cette saison arrêtée à l’automne, on estime avoir perdu 1200 jeunes de 6 ans à 9 ans. Reviendront-ils ou s’orienteront-ils vers d’autres disciplines ? Rien n’est moins sûr or ils sont le vivier de notre sport. Il faudra mettre en place des actions fortes pour les inciter à reprendre le foot. Même inquiétude concernant les bénévoles qui d’habitude sont mobilisés tous les week-ends au bord des terrains. Seront-ils à nouveau au rendez-vous quand une vie associative normale reprendra ? Ou auront-ils pris d’autres habitudes et se diront-ils qu’ils préfèrent ne plus sacrifier leur samedi ou dimanche à leur club ?