De bien tristes bonnes nouvelles

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Toutes les informations n’ont pas le même intérêt dans nos médias avides d’exaspérations juteuses pour la promotion de l’audience.

Souvenez-vous ! Quand le chômage augmentait de 0,1% tous les mois, c’était tous les mois la première page sur cinq colonnes et le premier titre du 20 heures. On cultivait la douleur : « Demain seront publiés les statistiques mensuelles du chômage. On prévoit de mauvais résultats ». Le lendemain, le couperet tombait. « Les résultats comme on pouvait s’y attendre sont catastrophiques ». Parfois, hélas, ils étaient stables, mais grâce au découpage en catégories A, B ou C, en sous-groupes de jeunes, de plus de 50 ans ou en chômage de longue durée et aussi grâce à nos territoires d’outre-mer, on arrivait toujours, vaille que vaille, à dégager une catégorie avec une aggravation. Et l’on pouvait se lamenter jusqu’au mois suivant.

Il y avait les chiffres de Pôle-Emploi, de l’INSEE et du Bureau International du Travail. Tous n’étaient pas d’accord mais il y en avait toujours un pour entretenir notre pessimisme et notre conviction d’être vraiment – mais alors vraiment !- mal gouvernés. NDLR : C’est rien de le dire !

Quand les chiffres, bien patouillés,
restaient rassurants (manquait plus ! me souffle la Marie-Madeleine) il restait à se demander si la France n’allait pas perdre son triple A. Ç’eut été une éventualité tragique car une France sans triple A c’est, dit la Marie-Madeleine, comme Fernand sans sa canne. Pensez avec son enculose. Il est pas près d’aller. Déjà qu’il a pas l’idée d’aller…

Aujourd’hui le chômage baisse ! Que voulez-vous que je vous dise ? Je vais me recoucher…

Gérard Bouvier