De l’eau sous le Mont d’Or

Le Mont d'Or n'a pas fini de nous délivrer tous ses trésors.

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Une nouvelle ressource en eau qui tombe à pic en cette période de sécheresse, même si son exploitation ne sera pas pour tout de suite.

Tout a commencé lors des travaux de forage du tunnel ferroviaire qui relie les Longevilles Mont d’Or à la Suisse voisine. Long de 6100 mètres, le tunnel a nécessité l’implication de plus de 300 mineurs, et les travaux se sont échelonnés de 1910 à 1915. En 1912, une fissure apparaît, entraînant avec elle un très important débit d’eau et causant la mort d’une dizaine d’ouvriers. Cet accident a mis en lumière la présence d’une source dont ils venaient de percer une poche. Suite à cet écoulement massif, le Bief Rouge et Fontaine-Ronde se sont subitement taris, montrant ainsi leur liaison directe avec cette source. Cette dernière ne fut cependant pas exploitée à ce moment-là.

Au début de notre siècle, monsieur Droz-Bartholet, un ancien pharmacien haut-doubiste, découvre une source à 800 mètres seulement de l’entrée du tunnel. Des analyses démontrent les vertus minérales de cette eau et le projet de son exploitation et de sa mise en bouteille est alors lancé.

Quelques années plus tard, la Communauté de Communes des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs lançait ses propres recherches quant à la fameuse poche d’eau percée malencontreusement en 1912. Des analyses sont réalisées sur l’eau dénichée, démontrant une potabilité certaine, sur du court terme. “Il s’agit aujourd’hui de lancer des tests sur du long terme, explique Anthony Messika, directeur des services techniques de la communauté de communes. L’Agence Régionale de Santé nous impose de tels tests, et c’est bien normal, afin de s’assurer que l’eau reste stable sur environ six mois. Nous voulons être certains que lorsque la poche d’eau bougera sous l’effet du pompage régulier, elle ne rejette pas d’éléments indésirables qui rendraient l’eau inexploitable.”

Les travaux de forage sur le long terme ont débuté jeudi dernier et devraient courir jusqu’en mai 2019, maximum. “Si l’on s’aperçoit que la qualité de l’eau reste constante, l’ARS pourrait délivrer l’autorisation d’exploitation plus rapidement”, souligne Anthony Messika. Ce dernier se montre plutôt rassurant quant aux suites données à ces travaux : “L’eau s’écoule sous des plateaux loin de toute pollution notable. Il n’y a pas de villes, pas d’épandage, rien qui puisse artificiellement nuire à sa qualité.”

Si tout va bien, à l’issue de ces ultimes essais, la communauté de communes pourra mettre en place un réseau important permettant le prélèvement, le stockage, le traitement et la distribution de cette eau. “Cela nécessitera plusieurs années de chantier, de l’ordre de 2 à 4 ans. Mais au vu de la situation actuelle de sécheresse, qui risque fort de se répéter, cela serait une solution pérenne aux problèmes d’approvisionnement en eau. Cela nous permettra dans le futur de moins pomper dans le lac Saint Point.”

Pour la Communauté de Communes des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs, les travaux actuellement menés ne doivent pas perturber les projets de monsieur Droz-Bartholet. “Nous avons installé des engins de forage un kilomètre plus loin. Même si l’eau qui nous intéresse est la même que celle trouvée par monsieur Droz-Bartholet, elle ne présente toutefois pas les mêmes vertus en raisons de passages souterrains différents. Nous ne voulons donc pas dégrader la qualité de la première source.”