Demain est le jour le plus chargé de la semaine

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C’est ce que prétend un proverbe espagnol. Il y a bien longtemps que je souhaitais vous en toucher deux mots. J’avais même fait un nœud à mon mouchoir. Mais vous savez comme va la vie : on tourne autour du pot, on remet à plus tard ce qu’on aurait dû faire hier et quand plus tard arrive, après tout un compte de temps, qui se souvient encore de ce qu’il a renoncé à faire jadis ? Et il est déjà grand temps de différer les priorités en cours avant qu’elles ne soient périmées.

Ainsi le Brexit ou la fermeture de Fessenheim. Ou l’interdit sur le glyphosate ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre… Ça n’est pas qu’on n’y pense pas, puisque même on ne pense qu’à ça mais c’est quand on pense au reste que le reste prend la place. Jusqu’à la prochaine COP.

Ce n’est pas d’hier que plus tard ne presse pas et peut attendre des jours à venir ! Déjà la semaine des quatre jeudis figurait sur l’agenda des procrastinateurs.

Il est vrai que faire aujourd’hui c’est se priver, le plus souvent sans raison scientifique valable, de faire demain ce qui aurait tout aussi bien pu attendre encore quelques jours de plus.

Jusqu’à la Saint Glinglin et ce nouveau cycle toujours remis à plus tard, où les poules auront des dents. Ou encore aux calendes grecques déclarées d’utilité publique mais qui n’existent que chez les romains où on les guette tous les trente-six du mois.

Il en est ainsi de la retraite : quand elle sera vraiment à point il sera temps de la cueillir mais d’ici-là on peut encore la laisser mijoter quitte à marcher longtemps dans les rues en rang serrés pour patienter.

Car elle risque comme l’Arlésienne
d’Alphonse Daudet, de se faire attendre longtemps